Carnet de travail

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vendredi 28 décembre 2007

Projet "Gazette Toguna".

A notre arrivée au conservatoire nous nous sommes vite rendu compte de notre capacité à amener les étudiants du conservatoire derrière nous.
Cela venait à notre sens autant du fait de nos nombreux projets et de nos interventions un peu atypiques, que d'un manque d'unité au sein des différents départements. Ainsi il n'y avait pas ou peu d'interaction entre chaque section et personne n'était au courant de ce qui se passait dans le conservatoire.
Pour finir cela s'ajoutait à l'absence totael d'un bureau des étudiants et donc à une vie étudiante dans l'école.
Nous voulions donc apporter une solution à cela en faisant intervenir au maximum nos atouts.
Ainsi avec René (qui enseigne le graphisme), Sebastien (prof de design) et Dominique (notre anthropologue du moment), nous avons décidé de créer une gazette.
Cette gazette serait faite par les étudiants et sur les étudiants et ce qui se passe au conservatoire. Ce serait un moyen de communication important qui irait même au delà de l'établissement en étant distriué au CCF (centre culturel Français), aux embassades, au ministère de la culture et à différents endroits clefs de la capital. Car on se rend compte que personne ne semble bien savoir ce qui se passe vraiment dans cette école perchée sur sa colline.
Le projet était donc lancé après avoir eu l'approbation de la direction qui avait elle même déja tenté l'opération il y a deux ans sans succès.
Mais nous étions plus que motivés et prêts à faire énormément évoluer l'image de ce travail dans les esprits des étudiants.
Nous savions que nous serions les détonnateurs et les fils conducteur du projet mais nous attendions au maximum que les étudiants interviennent dnas ce petit journal, qui après notre départ deviendrait totalement le leur.



Nous avons donc rapidement réfléchi au plan de la gazette en faisant quelques chemins de fer, pour finalement s'arrêter sur un "8" pages. Ce premier numéro serait constitué d'une page d'introduction avec résumé et présentation de l'établissement, d'une page sur le département de danse, de théatre, de design, de multi-média, d'une page sur l'actualité de l'école, d'une page confrontant deux dessins sur un même thème réalisé par un toubabou et un farafi et enfin une page culture de l'art.
Il fallait maintenant réaliser la charte graphique, choisir un titre et surtout trouver du contenu à mettre à l'intéreur.
René supervisait donc les opérations pendant que Saba, Famaga et Chaka (Seb, Vico et Yvou) faisaient des propositions graphiques. Nous avons trouvé tous ensemble un titre qui fut finalement remplacé par un autre que la pédagogie désirait : ce serait donc "Toguna". Après réflexion il nous convenait parfaitement puisqu'il s'agit au Mali des fameux endroits où les sages des villages se retrouvent pour discuter.





Pendant ce temps là René faisait une première inteview pour la page multimédia, pendant que Habibatou et Jean Phillippe (tout deux étudiants de 1er année multimédia) faisaient des caricatures pour le premier numéro.
Agnese et Yaya Bakayoco faisaient quand à eux les dessins sur un même thème que l'on appellerai "regard croisé".
Rokia et Backary quand à eux, intervenaient pour rédiger certains textes et apporter leur point de vue sur le projet global.
Enfin Balla (ben) qui était assez bien intégré dans les différents cours de l'école en profita pour interviewer et prendre des photos des intervenants et des pofs de danse et de théâtre. Il réalisa aussi avec Seba la page dédiée au design. Dominique était toujours là pour relire, corriger et aider à l'orientation du projet.




Parallèlement à cela René trouva une solution pour l'imprimer. Ce serait donc l'école qui en aurait la charge.
Au bout de trois semaines de travail, nous étions fin prêts. Avec une fin un peu speed pour tout ficeler, nous avions enfin réussi à obtenir ce que nous voulions. La direction acceuilli avec anthousiasme ce travail, ce qui récompensa une fois de plus notre investissement. Ce fut un projet très sympa où tous ensemble, nous avons su échanger et profiter des qualités de chacun. Enfin en plus d'avoir été de bon moments avec ce petits groupe de Toubabou, ce fut la naissance d'une mobilisation étudiante que nous désirions tant, au travers des quelques Farafis qui nous ont aidé à la réalisation de ce premier numéro.
La gazette a ainsi été imprimée à 300 exemplaires et en couleur, s'il vous plait! Le tout bien reparti dans Bamako.
Nous vous le proposons ici, bonne lecture.

Projet "tablette de peinture".

Le projet "tablette à peinture" est un projet que nous avions un peu mi dans un coin de notre tête.
Hors celui-ci est l'un des tout premier. Il faisait à la base parti de la vague de concept qui devaient introduire notre passage au conservatoire.
C'est un projet que Balla a réalisé suite à une observation faite dans les cours d'Art Plastique. Ainsi en visitant l'établissement, et en traversant les salles d'Art, il a réalisé qu'aucun élève n'était équipé de pallette pour y mettre leur peinture. Du coup ceux-ci mettaient la peinture sur une feuille en papier au pied de leur chevalet. Résultat des comptes: au bout de quelques minutes, l'eau finissait par emporter la peinture mélangée sur le sol. Puis les étudiants qui passaient par là, en méttaient alors malencontreusement sous leur chaussure, et en un rien de temps le bâtiment était couvert de traces de pieds colorées. Cela est assez jolie surtout pour une école d'art. Cependant ce n'est pas ce qu'on fait de plus pratique.




Du coup Balla a tenté de réfléchir à une solution simple. L'objectif n'était pas de réinventer le fil à couper le beurre, mais de trouver une réponse à ce problème avec un matériaux simple à se procurer. Il fallait en même temps penser à la simplification de la fabrication pour qu'éventuellement la direction en fasse fabriquer un petit nombre pour équiper les classes. Cela plaisait en tout cas beaucoup aux étudiants d'Art Plastique intérrogés et Moctary Aidara (directeur adjoint) qui était outré de voir dans quel état les étudiants salissaient les salles.
Balla déssina ainsi quelques idées et arriva rapidement à une solution assez simple.
Au départ il réfléchissait à mettre la tablette à hauteur de l'étudiant en l'élevant avec des matériaux de récupération.
Mais la solution finalement adotpée était une tablette que l'on vient accrocher au chevalet. Cela nécessitait alors d'aller observer comment ces chevalets était fait afin de réfléchir au système d'accroche.

Plusieurs solution était possibles et une fut choisi. Celle-ci se ferait simplement par des pliures.
Réstait donc à se procurer le matériaux pour le réaliser. Un passage dans le marché de Medine et on était fixé. La tablette serait faite en fer blanc. Pas excècivement cher, facil à manipuler et à découper et issu du recyclage, cela correspondait parfaitement aux attentes de Balla.
Il réalisa une première maquette rapidement pour se rendre compte des vrais problème que rencontrerai un tel objet.
Le premier apparu lors de la fabrication. Ainsi Balla désirait créer des petits réservoirs pour y mettre la peinture. Il pensait les réaliser en poinçonant une forme sphérique sur le plaque de fer. Hors celui-ci créait des déformations sur le contour de la cavité, ce qui était pas ce qu'on fait de plus éléguant ajouté aux problèmes de qualité d'une première maquettes (mort de rire!). Evidement avec de la technique et de meilleur support, cela pouvait être envisagé. Mais cela amenait à ce dire que la fabrication était un peu plus compliqué et que ce n'était pas indispensable.



Dans un deuxième temps lors de l'essai de la tablette sur le chevalet, on pouvait observer que la tablette s'affaissait lorsqu'on appuyait dessus. De plus, le chevalet restait perpendiculaire au chevalet. Du coup quand celui-ci était droit, la tablette était pratiquement à l'horrizontal ce qui est plutôt bien. Hors quand celui-ci était un peu plus incliné, la tablette allait jusuqu'à froller les 30 degrés d'inclinaison.
Il y avait donc là un "problème".
Enfin on pouvait remarquer que cette proportion n'avait pas de bonnes proportions ce qui rendait la tablettes trop grande et facile à faire vriller.
En revanche une satisfaction apparraissait au niveau du ver d'eau qui s'engageait parfaitemet et restait totalement stable dans le trou qui lui était destiné.


Balla réalisa une seconde maquette avec un renforcement sur les extérieurs de la tablette. Les proportions étaient là plus interressante. Hors ici on pouvait bien voir que la peinture une fois liquide pouvait s'échapper par chaque bord de la palette. Il fallait donc penser à la renfermer. Ce fut fait sur les maquette qui suivirent. L'idée était de laisser ouvert seul le coté face à l'utilisateur pour pouvoir y déposer les pinceaux. Une autre proposition proposa une raignure au milieu mais cela n'était pas très interessant en réalité. Enfin les deux dernières maquettes ont étés d'avantage des recherches de proportions avec une version au final plus longue et moins large pour mieux suivre la forme du chevalet pour y rester solidiaire, mais aussi pour ne pas trop empiéter sur le passage au risque d'être accroché par un passant.






Voilà donc un petit projet sans trop de prétention qui fut néanmoins interressant pour ses nombreux virements de bord. Ce fut aussi encore l'occasion de se perdre dans le marché à la recherches des posibilités locales et des matériaux disponibles, ce qui fut très utile pour les projets qui suivirent. Mais ce fut surtout comme nous le désirions un moyen de montrer à la direction, nos capacités à pouvoir réaliser toutes sorte de choses dedans et en dehors du conservatoire.

mercredi 26 décembre 2007

Projet sérigraphie

Dans la continuité de notre idée de financement de l'association grâce aux tee shirt, nous avons proposé à l'administration de réaliser des tee-shirt pour la promotion du conservatoire.
Nos tee-shirt ayant beaucoup plu dans les rues de Bamako, nous avons redessiné un peu le logo existant pour l'adapter au conservatoire. Il nous fallait l'aide d'une personne maîtrisant la sérigraphie avec qui nous pourrions travailler. Souleyman Ouologem, un étudiant de troisième année s'est proposé pour nous aider car il a déjà fait des milliers de tee-shirt et il connaît bien l'atelier de sérigraphie de l'INA (Institut National des Arts).


Cet institut est la première école d'art du Mali, l'équivalent d'un lycée d'arts appliqués. Aprés avoir réalisé le logo, la première étape consiste à imprimer celui-ci sur une toile fine de soie.



Cette étape s'appelle l'insolation de la toile. Le logo est imprimé dans un premier temps sur une feuille de calque, ensuite on dépose une fine couche de peinture photosensible sur la toile de soie. Ensuite on dépose le calque entre les rayons du soleil et la toile pendant quelques minutes. En france, une machine est indispensable pour réaliser l'insolation mais au mali le soleil est assez fort. La peinture photo sensible s'imperméabilise au contact des rayons du soleil à l'inverse des parties cachées par le logo. Il ne reste plus qu'à nettoyer la plaque avec un jet d'eau pour que le logo apparaisse sur la toile de soie.


Trois, quatre jours plus tard, nous retrouvons Ouologem pour la deuxième étape. Nous avons préalablement acheté 70 tee-shirt jaune et noir et trois pot de peinture blanche, rouge et noire.


L'impression des tee-shirt peut alors commencer à l'aide de la machine rotative et du racloir à peinture. Pour réaliser une sérigraphie de plusieurs couleurs, il faut une plaque par couleur, d'où l'intérêt de la machine rotative à quatre planches pour réaliser des épreuves de quatre couleurs maximum.





Dans notre cas ce sera qu'une seule couleur puisque le logo est uni. Le déroulement du tirage des tee shirt est simple : Une première personne cale les tee-shirt sur la plaque, ensuite une deuxième personne applique la plaque sur le tee-shirt et passe un cou de raclette sur la surface de la plaque pou déposer une couche de peinture. La peinture traverse alors la toile de soie au niveau du dessin pas imperméabiliser par la peinture photosensible.






Ensuite une troisième personne récupère le tee-shirt et le dépose dans l'étagère de séchage.


Quand la chaîne est lancée, les 70 tee-shirts défilent rapidement. Aprés séchage, il s'en suit le rangement des tee-shirt dans leurs pochettes respectives pour qu'ils soient prêts à la vente.




Il ne faut pas oublier de remercier vivement Ouologem pour son aide précieuse dans la réalisation des tee-shirt et aussi notre trés chère popo national qui a participé activement au tirage et pliage des tee-shirt.





Projet "papier" de Shaka (Yvou)

Fabriquer du papier fut une des grandes révélations de ce petit séjour bamakois pour Shaka. Chaque après midi dans l’atelier de Sira c’était un peu comme mettre un crocodile dans un poulailler ou de donner une boite d'apprenti chimiste a un futur chef artificier. Bref le plus gros du travail consistait à improviser autour de ce papier et en particulier de le mêler le coudre le coller le teindre avec tout et n'importe quoi et de voir si cela fonctionne ou non.




Résultat une petite série de bijoux avec des inserts de métal. Aussi bien insérés dans le papier que cousus. Le tout avec un jeu de contraste entre le papier teinté et les différents métaux envisagés. L’idée était de lier ce papier avec des matériaux plus précieux pour le mettre en valeur.







Le second petit projet répond plus à un constat. Le Mali est très bien doté en néons de toutes tailles, hors sa lumière blanche est loin d être agréable d'où l’idée de créer un abat jour pour néon. Ensuite de jouer avec la transparence du papier et la possibilité d’y incruster toutes sortes de choses. Ainsi dans ce cas jouer avec des pétales de fleur qui apparaissent en épair lorsque l’on allume la lumière.




Bien que le rendu ait été fait nous irons très vite envahir l'atelier de Sira de nouveau pour tester de nouvelles choses.

Projet "papier" de Balla (Ben).

Pour son projet papier, Balla à fait dans sa phase de recherche une quinzaine de propositions. Pour la plupart assez simple à fabriquer et à utiliser. Car son objectif restait de faire en sorte que Sira puisse les fabriquer par la suite.
Chacunes de ces petites idées peuvent se classer en deux ensemble très distincts.
D'un coté Balla a travaillé sur le matériaux qu'est le papier, en cherchant à le transformer, à le teindre, à modifier sa texture...
C'est donc une recherche de petit chimiste où il a mélangé et tester de nombreuse combinaison.



La majorité de ses essais restait autour de teinture de N'peku, de N'galama et d'indigo. Il y avait en plus des projections d'encre, de sable, et de copeaux de bois, ou le collage de papier doré (issu des boutilles de bière).




Le deuxième ensemble constituait des réponses sous forme d'objet. Mais des objets les plus simple possible.
Un des projets qui a vu le jour sous forme de pré-maquette, est une enveloppe à ouverture facile. Celle-ci est en fait une couture qui est doublé dans les deux sens, et qui forme sur l'envelloppe une forme graphique. On glisse ainsi la lettre normalement à l'intérieur par la fente supérieur, puis pour la retirer, on tire tout simplement sur la languette, ce qui crée une ouverture pour en extraire la lettre.


Un autre projet est un petit sac fait en patchwork avec des chutes de papier. Il réutiliserait ainsi tout les rejets de papier dans l'atelier. Ce petit sac en papier devait permettre aux clients de Sira d'y mettre leur achats à l'intérieur.

Balla proposa aussi un petit cahier dont les pages seraient relier par groupe. Ces groupes pouraient se détacher de la tranche en bois en enlevant simplement le fil correspondant. On pourrait donc y mettre à l'intérieur les pages que l'on désire comme un dans un classeur.



Enfin le projet majeur que Balla a dévelloppé s'appel "la feuille à graine".
Son constat a été de voir que l'ensemble des clients de Sira Sissoko sont des touristes. Hors l'Europe est touchée depuis quelques années par un phénoméne du bien consommer et de l'achat éthique. Il en découle entre autre une vague écologiste et un amateurat au jardinage de plus en plus fort dans les zones urbaines. L'Afrique à quand à elle une image d'exotisme et d'artisanat. Le Mali ainsi que le travail de Sira peuvent ainsi être valorisé autour de cette cible.
Le projet consiste donc à incorporer des graines de plante locale à l'intérieur du papier lors de la fabricartion de celui-ci. Ainsi le papier jourait un rôle d'emballage bio-dégradable. Ce papier aurait une forme de feuille. Et cette feuille serait celle corespondant à l'arbre dont la graine est incorporée. L'utilisateur achèterait ainsi ces "feuilles à graine" dans le magazin de Sira puis une fois rentré chez lui, il n'aurait plus qu'à les planter dans son jardin. Le papier se décomposerait alors naturellement dans le sol laissant place à la nouvelle plante.


Cette idée se voulait être une réponse poétique et esthétique au fomidables possibiltés de créations à base de ce papier.
Mais Balla ne voulait pas s'arrêter là, et voulait penser à faire un emballage plus réfléchi pour regrouper ces "feuilles à graine".
Ainsi il a dévelloppé plusieurs idées de packaging pour ces feuilles.





Une première version d'emballage était constituée de plusieur variétées de feuilles différentes. Pour les détacher, on retrouvait pour chacune d'entre elle, une couture à ouverture facile. Cousu dans les deux sens, comme développé pour l'enveloppe, elle permet de détacher la feuille en tirant simplement sur la languette.
Une deuxième proposition correspondait simplement à une sorte de bande en continue sur laquelle les gens viendraient se servir. Ils en prendraient alors autant qu'ils le désirent. L'attache seraient alors située entre chaque feuille.


Pour terminer, Balla à tenté de faire varier son idée de "feuille à graine" en remplaçant la graine par de la poudre à senteurs. Ces odeurs naturelles correspondraient à la plante représentée. La plaquette serait alors fixé au mur de l'utilisateur qui viendrait percer la feuille avec une aiguille. Cela permettrait ainsi de dedégager différentes ambiances et senteurs d'Afrique dans la maison.


Chacunes de ces idées méritent bien évidement d'être d'avantage approfondi comme tout projet. Cependant la possibilté d'aboutir à des maquettes fonctionnelles était un véritable satisfaction pour Balla. D'autant plus qu'un certain nombre d'entre elles ont interpelées Sira, voulant éventuellement les fabriquer par la suite. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que le contact avec Sira fut si enrichissant qu'il semble qu'il y ait encore de nombreuse chose à découvrir dans ce formidable univer que possède le papier.


Projet "papier" de Famaga (Vico)

La proposition faite par Claire de travailler sur des objets réalisés exclusivement en papier artisanal a été une super occasion d'étendre les différentes expériences de travail au cours du voyage.

Le carnet de croquis est un moyen d'exprimer rapidement les idées qui nous viennent à l'esprit.


J'ai donc dessiné plusieurs idées au cours de la semaine comme par exemple, un abat jour, un mobile de décoration, une enveloppe lettre, un calendrier ou encore des boucles d'oreilles et un chapeau. Ces projets sont restés pour la plupart de simples idées et trois ont été réellement dévellopées. La première est le mobile. Cet objet de décoration rappelle l'épanouissement et est composé de 7 éléments identiques. Ces éléments sont des découpes en étoiles de feuilles de papier pour donner cette forme caractéristique de la fleur qui s'ouvre.

Malheureusement ce projet fut abandonné à cause du gachis de papier et de la complexité de la mise au point par rapport au temps imparti. Je me suis donc recentré sur les deux autres projets qui me tenaient à coeur.
L'idée du calendrier m'est venue en observant les expérimentations d'incrustation d'éléments dans la composition même du papier. L'idée est simple. Dans une feuille de papier, 30, 29, ou 31 graines sont incrustées entre deux feuilles de papier en fonction du mois. Chaque graine correspond à un jour et sur le principe du calendrier de l'avent, on arrache la graine correspondant au jour qui vient de s'écouler. Ainsi la feuille est percée petit à petit par rapport à l'avancement dans le mois. Le prototype réalisé dans les ateliers de Sirah a permis d'apprendre à maîtriser l'incrustation de la graine sans déchirer le papier et surtout de voir qu'elle était la meilleure taille de graine.










Le deuxième projet concerne les boucles d'oreille. Mon idée était de partir d'une forme simple et répététive d'un pliage de papier pour réaliser différentes boucles d'oreille facilement réalisables. Les possibilités de pliage sont multiples allant du scoubidou, à l'enroulement ou encore le pliage franc.


Finalement j'ai choisi la forme d'un petit cône empilable de différentes manières. Il était alors possible d'en empiler plusieurs l'un sur l'autre à l'endroit à l'envers, de les opposer ou encore de les incruster l'un dans l'autre. L'ajout d'un cône cousu de même dimension en métal ajoute du cachet au bijoux et lui donne un poids et donc une meilleur tombée sous l'oreille.







Ces deux objets réalisables facilement dans les ateliers de Sirah ont pour but de toucher la clientèle de touristes de passage à Bamako.


Présentation du projet "papier".

Après avoir travaillé sur le "projet bidon" à travers le cour de Sebastien Gerbier que nous animions en partie, nous avons continué sur un nouveau projet totalement différent.
Il s'agit du projet papier. Dans ce texte, nous allons vous présenter l'évolution de l'ensemble du projet. Nous prendrons davantage de temps pour vous expliquer les projets obtenus dans un autre texte, on vous le promet.
Claire, que nous côtoyons au conservaoire provient des beaux arts de strasbourg et travail ici avec une artiste reconnue pour ses travaux sur papier. Cette artiste s'appelle Sira Sissoko et fabrique son propre papier en le recyclant.
A partir de ce papier, elle crée toutes sortes de choses telles que de magnifiques enveloppes, des lettres, du papier traité et teint avec des plantes... Elle fait aussi des projets sur commande avec entre autres des incrustations de végétaux... Cependant elle manque de temps pour créer de nouvelles sortes de papier et après dix années de création elle aimerait donner une nouvelle impulsion à son atelier.
C'était donc une très bonne occasion de la rencontrer et de mettre en place un projet avec elle, pour travailler avec les étudiants du conservatoire. Nous avons décidé avec Sebastien de faire de nouveau de petits groupes.
Ceux-ci devaient néanmoins être différents des précédents pour brasser un peu la classe et permettre à tout le monde de se rencontrer. De nouveau Famaga, Chaka, Moussa et Balla ainsi que Claire pour cette occasion, ont été placés dans chacun de ces groupes pour les animer et guider les étudiants de première année. Les étudiants étaient au départ uniquement issus du département multimédia, mais nous avons eu un tel succès auprès des élèves lors du précédent projet que les étudiants d'art plastiques ont demandé à se joindre à nous, ce qui fut encore plus motivant et enrichissant pour tout le monde.
Néanmoins, l'idée de ce projet était que chacun produise ses propres idées afin d'avoir une grande diversité à présenter à Sira. Les groupes jouaient ainsi un rôle de cadre dans le suivi et dans l'échange entre Français et Maliens.
Tout est ainsi très bien parti après que Claire eut fait un petit exposé sur le travail de Sira et ait présenté à toute la classe des échantillons de papier. Ce papier est un papier de très grande qualité et donc est vendu assez cher, principlement à des touristes de passage. Les projets devaient absolument tenir compte de cela pour avoir une cohérence. Car autant le projet Bidon se voulait libre et sans contraintes pour permettre aux étudiants d'assimiler la méthode de travail. Autant ici, nous nous retrouvons dans un contexte concret et réel dont l'objectif est de faire des propositions faisablee que Sira puisse réaliser dans son atelier.
Tous les groupes ont ainsi pris le temps pour bien mettre en place les idées de chacun. Pour pouvoir les critiquer et s'assurer que tout le monde avait bien compris le cahier des charges.
Ainsi une semaine plus tard, chacun était en mesure de présenter plusieur idées. Certains étudiants ont été plus productifs que d'autres mais nous avons pu ainsi ensemble approfondir chaque proposition.
Il était necessaire d'aller vite puisque nous désirions rencontrer Sira dans son atelier avant le rendu final pour mieux comprendre son travail et ses attentes. C'était aussi l'occasion de lui exposer les ébauches de nos projet pour mieux les réaliser. Ce fut chose faite le vendredi suivant. Ainsi malgrès que le conservatoire était déserté pour un mouvement de grève, tous les étudiants avec lesquels nous travaillions étaient présents et à l'heure (ce qui est un exploit dans ce pays). Nous étions ravis et eux étaient tout autant motivés apparement. Nous avons donc pris le bus de l'école pour nous rendre dans le fameux atelier. Il y avait tout au long de la route une excellente ambiance dans le car qui était totalement plein.

Là bas, nous avons donc pu apprécier les techniques de travail de Sira et de ses assistantes. En réalité Sira travail au sein d'une association de femmes veuves, qui interviennent dans son atelier pour avoir un peu de travail. L'atelier est assez petit mais à beaucoup de charme. La méthode de travail qu'elle nous présente est assez simple mais prend un peu de temps. Elle nous montre l'ensemble du procédé.




Sira commence par passer au mixeur les papiers usés qu'elle récupère dans les poubelles des différents ministères. En même temps elle fait bouillir pendant une journée des fibres végétales (de maïs, de bamboo, de canne à sucre, de cocotier...). Elle plonge ensuite le tout dans un petit bassin rempli d'eau. Cela forme une sorte de substance faite de nombreux grumeaux. Elle prend alors un tamisier qu'elle plonge et qu'elle manipule dans l'eau de telle manière que la pâte à papier le recouvre.
Avec une éponge elle absorbe le dessous du tamisier pour enlever un maximum d'eau. Puis elle vient se placer face à une grande planche. Cette planche à été préparée préalablement en étant recouverte d'un tissu tendu et imbibé d'eau. Elle retourne alors le tamisier et le dépose délicatement sur la planche. Elle le presse tout en venant de nouvau absorber à travers les mailles de la grille, l'eau avec l'éponge. Une fois que c'est fait, elle s'assure qu'il n'y plus de fibres qui dépassent sur les cotés, et elle retire doucement le tamisier. Elle le replace ensuite pour que les bords soient bien collés à la table, puis c'est enfin fini. Maintenant elle laisse sécher en mettant la planche dans un endroit obscur de la pièce. Le lendemain, ce sera sec et elle pourra éventuellement teindre le papier avec du N'péku et du N'galama que Balla avait déja utilisé pour faire ses Bogolans.






Nous sommes donc totalement émerveillés devant ce travail si fascinant. Le contact avec le papier est vraiment extraordinaire. Les étudiants sont eux aussi enchantés par cet échange et Sira nous fait vraiment une grande démonstration de sa gentillesse tout au long de l'après midi. On lui montre ensuite quelques uns de nos projets afin de lui poser quelques questions. Certains sont sortis de l'atelier pour visiter les autres locaux de l'association. Ainsi quelques uns (et Sebastien en premier) ont pris place aux commandes d'une machine à tisser pour tissu Coloba. Tout le monde semble s'amuser et c'est bien là l'essentiel.

Puis c'est le départ et le petit bus s'en est retourné avec sa petite troupe bien joyeuse vers le conservatoire.
Le mardi suivant était consacré au pré-rendu, afin que Sebstien s'assure de la qualité et de l'avancement des projets.
Puis deux jours plus tard, Famaga, Chaka, et Balla ont accompagné Claire à l'atelier pour travailler en compagnie de Sira et mettre au point leurs propre projets avec son papier. Ainsi chacun d'entre nous avait préalablement fait de petites maquettes sur un papier de qualité moindre afin de les reproduire avec les techniques de Sira. Nous avons sans doute passé la meilleur après midi de notre séjour. Nous sommes redevenu des enfants pendant de longues heures et nous avons expérimenté tout ce qui nous passait par la tête. Sira était ravie et nous accompagnait dans nos crises de rire. On a pu barboter dans l'eau et bidouiller tout un tas de trucc. Le pied quoi! A la tombée de la nuit, tous nos délires séchaient sagement dans les grandes étagères de Sira. Nous sommes ainsi revenus le lendemain pour les récupérer et terminer chez nous nos maquettes. Balla s'est occupé de faire les teintures comme il l'avait déja fait pour les Bogolans. Cependant cette fois-ci il ajouta la teinture à base d'indigo à l'éventail des posibilités. Nous avons ainsi passé tout le reste de la semaine à pofiner nos maquettes, et à faire nos dessins d'explication.



Puis vint le grand jour de la présentation. Ce jour était aussi pour nous le dernier au conservatoire et lors de cette présentation nous en avons profité pour y présenter tout nos projets effectués depuis le début. A cette occasion étaient présents : un grand nombre d'étudiants du conservatoire, le directeur de l'école, et son adjoint, Abdoulaye Konaté et Moktary Aidara, Sira Sissoko et Sebastien gerbier, des enseignants du département multimédia, et surtout comme invitée de choix, la détachée à la culture de l'ambassade de France. Celle-ci avait pris contact avec nous et Sebastien pour entrependre des projets de design au Mali ce qui était une aubaine formidable pour notre projet commun et l'avenir du département au conservatoire.



Nous étions donc prêts et vraiment contents de voir l'immense table remplie de projets. Ceux-ci furent un à un présentés au jury par chaque étudiant. Il y avait là une immense diversité de proposition qui semblait attirer l'attention du public. Tout le monde était ravi du résultat, et chaque invité ainsi que Sebastien ne manquèrent pas de féliciter cette aventure et les très bons résultats qui en ont découlé. Sira était elle aussi impressionée par ce qui lui était montré. Enfin l'attachée culturelle, montra qu'elle avait plus que jamais envie "après une telle démonstration" de dévelloper des projets de design avec l'encadrement du conservatoire. Nous avons ainsi reçu de nombreux remerciements de la part du directeur adjoint ce qui récompensa amplement nos investigations et l'ensemble de notre travail au conservatoire pendant ces trois mois. Nous sommes ainsi partis très heureux sous les applaudissement de la salle. Quelle journée fantastique.
On ne pouvait pas mieux finir.



La réalisation des Bogolans traditionnels.

L'Afrique est un continent qui défend une identité artistique très forte et reconnue dans le monde.
Ses représentations prennent souvent leur source dans l'immense diversité culturelle et religieuse du continent. Et leurs supports proviennent très souvent des techniques traditionnelles.
Le travail sur textile en est un domaine important, avec entre autre : le travail sur pagne, la fabrication du bazin, le tissage et la broderie ou encore la fabrication des Bogolans...
Le Bogolan est inscrit entièrement dans l'histoire artistique du Mali, et consiste à teindre des motifs sur un tissus à l'aide de colorant naturel. Notre séjour au Mali nous obligeait à tater de ces techniques et Balla (Benoît) s'est donc lancé dans la réaliation de deux Bogolans. Pour cela il bénéficia des conseils avisés de Bary, un étudiant du conseravtoire qui pratique déjà cette discipline. Les filles se lancent elles aussi dans cette aventure ce qui permettra de se soutenir un peu.
Ce travail necessitera beaucoup de temps disséminé sur près de deux semaines mais en vaudra vraiment la peine.
Balla a donc commencé par acheter les matériaux et les ingrédients nécessaires, tout d'abord en se rendant au grand marché de Bamako pour y acheter le tissu Coloba. Ce tissu traditionnel est encore aujourdhui, tissé à la main.
Ensuite on se retrouve au marché aux plantes, où on y achète les feuilles de N'galama et les racines de N'péku nécessaires pour les colorations jaune et rouge. Les deux propositions seront réalisées autour d'une gamme de couleur chaude, avec du rouge, des marrons et des ocres. Il est bien sûr possible de réaliser des Bogolans dans les teintes bleutées grâce à la poudre d'indigo, ou encore en vert, etc... Mais ce sera lors d'un prochain essai.

Puis vient la recherche des motifs et du dessin que l'on va réaliser. Balla a donc fait une dizaine de propositions avant de s'arréter sur deux motifs assez simples qui couvrent l'ensemble du tissu.


Il faut les dessiner au crayon sur le pagne.
Puis on commence par faire bouillir le N'galama pendant une demi journée dans de l'eau jusqu'a ce que celle-ci soit collorée.
Ensuite va commencer un long balai de trampage du tissu dans ce colorant. Il va ainsi un peu plus jaunir à chaque fois. Seulement cela est assez long. Il faut 4 trampages au total. Car après chaque bain dans le N'galama, il faut le mettre en plein soleil pour que le colorant soit fixé sur le textile et que celui-ci soit bien sec pour recommencer.


Quand le tissu a une couleur assez consistante, on va devoir remplir les motifs que l'on désir réaliser avec de l'argile prise sur les bords du Niger. On va la déposer grâce à un pinceau. C'est très long et il ne faut absolument pas déborder car le résultat est indélébile.
En plus le tissu boit la boue ce qui la rend très vite pateuse et difficile à mettre.


Ensuite on va nettoyer le Bogolan à l'eau propre. Trois fois de suite et de manière assez rapide pour pas que le tissu soit taché. L'argile prend une couleur noire assez intense qui se démarque assez bien.
Puis on le met au soleil pour qu'il sèche et que le N'glama joue son rôle de liant. On le retrempe deux fois dans le liquide jaune en laissant bien secher au soleil à chaque fois.
Puis il va falloir recommencer à mettre de l'argile sur le dessin. C'est assez chiant de repasser trois fois au même endroit mais "il faut souffrir pour être belle"! Une fois que cela est terminé. On recommence à le tremper deux fois et à faire tout le tralala.

Puis on va attaquer à mettre la couleur marron sur le pagne. Celle-ci est obtenue grâce à un mélange entre du N'galama et de l'argile. Ne nous demandez pas comment on fait du noir avec de l'argile tout gris ou du marron avec du gris et du jaune. Ca nous dépasse totalement, nous qui aimons les choses rationnelles telles que le RVB et le CMJN. Là on va dire que c'est magique.


Là encore on va le mettre au pinceau aux endrois voulus à deux reprises en nettoyant là encore à l'eau propre à chaque fois.
On va ensuite mettre le blanc. Celui-ci est le seul élément un peu chimique du Boglan. Et pour le coup il est vraiment chimique. Il s'agit d'une mixture obtenue à partir de lessive en poudre "OMO", de pastille d'eau de javelle "Lacroix" et d'un peu d'eau. le mélange ressemble à une mousse assez dense qu'il va falloir mettre sur le tissus. Cela a beaucoup de mal à pénétrer dans le tissu et il faut être assez patient et espérer que la mixture soit bien proportionnée pour que ça marche du premier coup. Aussi il est intéressant de réfléchir un peu et de ne surtout pas utiliser un pinceau pour déposer le blanc car l'eau de javel adore dévorer les poils de pinceau.


On fait donc ça petite magouille avec une lame de cuteur. C'est encore plus chiant.
Quand le blanc est totalement posé, on relave en croisant les doigts.
Pour Balla, ça a plutôt bien marché et du premier coup. C'est assez cool car il aurait pu être obligé de mettre plusieur couches.
On commence à apprécier les différentes couleurs se dégager et voir le contraste assez fort qui existe entre le noir et le blanc.
Balla finira son Bogolan en mettant la couleur rouge. C'est l'opération qui se place en dernier.
Celle-ci s'obtient à partir de la racine de N'peku. Il faut là encore la faire bouillir dans une marmite d'eau pendant plusieurs heures.
Puis on va peindre au pinceau le pagne doucement pour que le liquide ne se propage pas et colore tout le tissu.



Le Bogolan est enfin fini.
On est satisfait que ça se termine enfin. La méthode est en tous cas vraiment intéressante et mérite bien qu'on y passe de très longues heures à rotir sous le soleil Bamakois accroupi sur un bout de chiffon.
C'est assez extraordinaire de créer quelque chose en réalisant soit même l'ensemble des éléments et des supports necessaires à sa réalisation.
Ainsi ici, le travail avec ces colorants naturels (et moins naturels) nous donnera pas mal d'idées sur les mélanges possibles que l'on peut utiliser, et pas forcément uniquement sur textile.
En tout cas c'est une expérience intéressante que Balla n'hésitera pas à reproduire en France quand il aura enfin trouvé du N'péku et du N'galama sur Paris. Et c'est pas gagné!

La conférence sur notre voyage en 4L.

Dans notre projet initial nous avions envisagé de faire un petit exposé à notre arrivée au conservatoire lors duquel on aurait pu parler de notre voyage entre la France et le Mali, et en même temps en profiter pour se présenter aux étudiants.
Mais cette idée fut mise de côté pensant que ça ne les interesserai pas forcémment et nous ne voulions avoir la prétention d'organiser des conférences alors que nous sommes de simples étudiants.
Finalement, les étudiants que nous avons rencontré, au fur et à mesure, étaient trés curieux de savoir comment s'était passé le voyage, par où nous sommes passés et ce qu'il nous est arrivé. Ils portaient un réel intérêt à ce que nous avons entrepris pour venir jusqu'ici et appréciaient notre démarche. Ils n'en revenaient pas que de telles voitures soient arrivées jusqu'ici car au Mali, seuls les vieux savent que ce sont de bonnes voitures. Auprès des jeunes, elles n'ont pas vraiment la côte. Nos deux bolides faisaient désormais parti du paysage du conservatoire et tout le monde voulait savoir ce qu'elles faisaient là, pourquoi nous étions là et d'où nous venions. Les étudiants voulaient voir des photos des paysages que nous avons traversé et nous demandaient un par un de raconter notre périple. Notre idée de conférence était donc de retour.
L'administration a accepté notre demande de réaliser une petite conférence informelle pour les étudiants.
La date est prise, se sera le 24 novembre à 13h. Les affiches que Chaka et Famaga (Yvou et Vico) ont réalisées sont posées dans tout l'établissement pour annoncer l'évènement. L'heure n'était pas idéale car elle correspondait à l'appel à la mosquée mais les étudiants les plus intéréssés étaient là et ils étaient malgrés tout assez nombreux. Cela montrait vraiment leur anthousiasme.


Dans la grande salle du CAMM, nous avons donc projeté sur vidéo-projecteur un diaporama d'image que Moussa et Balla (Cyci et Ben) ont selectionné dans les milliers de photos que nous avions. Ces photos retraçent notre périple entre Paris et Bamako illustrant notre récit durant une bonne heure. La plupart des gens dans la salle était des amis et donc il n'hésitaient pas à nous couper pour poser des questions, ce qui rendait la conférence plus agréable et interactive. A la fin nous avons vraiment senti une admiration pour notre aventure, pour le voyage comme pour les préparations qu'il a nécessité. Cela a même donné quelques idées à certains qui aimerai bien faire Bamako - Paris en Jakarta. Bonne chance les gars !!!




Le projet "chaise".

Nous vous avions beaucoup parlé de nos moments de détentes et de nos formidable rencontres Bamakoises au détriment de nos projets qui eux n'étaient pas terminés et donc pas à même d'être mis sur le site. C'est donc le moment de se rattraper pour vous montrer que nous n'avons pas seulement vécu de belles vacances au soleil. Ainsi Famaga et Balla (Victor et Beoît) sont intervenus dans un autre projet, totalement différent des deux premiers. Celui-ci était à l'initiatve de Abdoulaye Konaté, le directeur du conservatoire qui voulait que nous réalisions des chaises d'extérieur pour l'établissement. Notre travail ne consistait pas à inventer une chaise de A à Z mais a en faire une à partir des épaves des chaises déja utilisées au conservatoire. En réalité ces chaises de très mauvaise qualité perdaient rapidement leur dossier et s'habimaient à vu d'oeil. Et c'est donc la base et l'armature de celles-ci que nous devions réutiliser. Un premier essai avait donc été tenté avant notre arrivée et c'est Modibo, le ferronier de l'école, dont l'atelier se trouve dans la zone industrielle de Bamako, qui était chargé de sa réalisation concrète. Or cette chaise ne convenait absolument pas au directeur qui nous a donc mis sur l'affaire (mon cher Watson). Nous n'avons pas hésité une seule seconde et nous avons sauté sur l'occasion. On a commencé par faire un cahier des charges cohérent avec Mr Konaté pour partir dans le bon sens. Ensuite nous sommes allés voir Modibo pour le suivre pendant une demi journée dans son travail, pour l'observer en la compagnie de Dominique Schoeni, notre anthropologue qui nous suit bien évidemment partout.




Cette phase d'observation nous a aussi permis de poser un grand nombre de questions autour des techniques qu'emploient ces artisants dans le travail du fer. Enfin nous avons aussi pu en direct faire des critiques et poser des questions à Modibo sur les différentes parties de la première chaise qu'il avait réalisé. Déja nous pouvions faire un premier bilan. La chaise était d'un style assez sobre, la finition était assez problématique et l'ergonomie était complètement discutable. Seul son poid excessif apparraissait comme intéressant dans l'optique où cette chaise devait être déplacée au minimum par les étudiants dans l'enceinte du conservatoire. Nous avons donc déja pu élaborer rapidement une architecture très simplifiée et basée autour de la proposition de Modibo. On y avait entre autre supprimé les attaches en acier situées entre les deux arceaux et prolongé ces arceaux jusqu'au haut du dossier pour qu'ils soient en circuit fermé et ainsi donner de la flexibilité à l'assise. Restait à le vérifier en grandeur nature et d'y ajouter un style et une identité. Nous avons ainsi attaqué une phase de créativité. Evidemment dans un premier temps nous avons fait des propositions assez sages et issues de la première version pour des questions de faisabilité. Mais ensuite nous en avons fait de plus excentriques afin de diversifier les axes de recherches. Celles-ci trouvaient néanmoins un thème commun. Nous avions decidé d'identifier chaque proposition à l'architecture du conservatoire et ainsi garder en partie le thème de l'enchevetrement des plaques d'acier présentes sur la façade du batiment pincipal ou tout simplement du logo de l'infrastructure qui est dans les même esprit.


Ainsi en quelques jours, nous étions en mesure de montrer une petite dizaine de propositions sous forme de rough à Abdoulaye.

Le fait que les matériaux soient déja achetés depuis la fabrication du premier prototype de Modibo, nous étions obligés de nous rabattre sur un projet moins original mais qui au final arrivait à concilier pas mal de problèmes. Entre autre celui-ci reprenait une partie de ce qui avait déja été fait. Ensuite sa taille et son poid restaient des éléments déterminants dans leur rôle d'immobilité de la chaise. Le style s'intègrait à notre sens assez bien à l'environnement et donc à l'architecture des lieux. Enfin Modibo était capable de la réaliser entièrement notamment avec les matériaux déja fournis et ses propres techniques de fabrication.
Nous étions satisfaits d'autant qu'une autre proposition un peu plus farfelue avait intrigué Abdoulaye, qui prévoyait du coup de la faire évoluer dans un future proche pour réaliser des banquettes pour le conservatoire.
Nous sommes donc retournée chez Modibo pour commencer la réalisation de la chaise. Nous avons donc travaillé tout un après midi pour réaliser celle-ci afin que nous restions le plus fidèles par rapport aux dessins et de ce que Abdoulaye désirait. Le sur lendemain la chaise était prête et la peinture sèche. Nous pouvions donc faire une première présentation.

Seulement plusieurs défauts apparaissaient à cette occasion. Le premier résidait dans le manque de barre à certains endroits ce qui pouvait être inconfortable pour l'utilisateur. Cela s'ajoutait au manque d'inclinaison du dossier et à un amortissement de notre arceau pour le dos mais pas encore assez sur l'assise. Enfin concernant la qualité de fabrication, il fallait revoir la ramification entre l'armature et les arceaux porteurs et réfléchir à un autre moyen pour fixer les barres de métal sur ces mêmes arceaux, car la finition à la disqueuse laissait de vilaines plaies.
Ainsi, nous avons commencé à en réaliser une seconde. Celle-ci apportait des réponses à tous ces problèmes. Nous avons beaucoup utilisé le scotch repositionnable pour pouvoir nous exprimer auprès de Modibo et de ses ouvriers. Afin que les explications sur dessins soient complètement comprises. Nous pouvions ainsi échanger et avoir son avis sur leur vertitable faisabilité.
Sur cette nouvelle chaise, nous avons décidé de fixer les barres au dos des arceaux de telle manière qu'on ne voit pas les points de soudure. Cela facilite d'autant plus leur fixation qui n'est plus sur mesure mais au contraire plus libre et approximative.
Ensuite nous avons davantage ouvert et incliné le dossier pour accroitre l'ergonomie de la chaise. Toujours dans cette réflexion de confort, nous avons fait sauter la dernière attache d'acier qui soutenait les arceaux pour les laisser totalement en mode "ressort". Enfin nous avons décidé de changer le code couleur de ces chaises, où le noir brillant n'était pas très attrayant, et en plus dévoilait encore plus les rayures subies par le métal. Nous l'avons donc réalisée dans un rouge brique satiné que vous reconnaitrez sans doute.




Cette nouvelle proposition s'est donc vu elle aussi présentée pour obtenir les dernières rectifications. Elle recevait en tout cas de la satisfaction de la part de son commanditaire.


Nous devions donc en réaliser un dernière pour corriger les derniers problèmes remarqués. Entre autres il fallait que nous rééquilibrions la chaise en augmentant le port-à-faut avant, pour en plus accroitre la qualité de l'assise. Nous avons aussi palié à un autre problème de qualité qui apparraissait sur le dos de l'arceau arrière. Celui-ci dévoilait du coup toute les soudures des barres situées au dos de la chaise. Ceux-ci seraient donc fait exceptionnellement à la disqueuse. C'est donc lors d'une grande présentation que nous avons pu présenter la chaise finale à Abdoulaye Konaté ainsi qu'au reste de la direction du conservatoire et à un certain nombre d'étudiants. Nous avons ainsi reçu de leur part beaucoup de félicitation, recompensant ainsi amplement ce projet.




La fabrication de cette chaise devrait dans un premier temps s'élever à 10 exemplaires, puis à 100 si tout se passe correctement au niveau de leur réalisation. Le bilan de ce travail est donc très positif pour nous et notre action au sein du conservatoire. Ce fut pour nous une formidable expérience qui abouti à un objet concret et bien reçu. Son cheminement fut enrichissant sur de nombreux points et surtout dans le rapport avec les artisants et Modibo qui intervenaient dessus.
Enfin le travail sur métal fut une nouvelle occasion de changer totalement de contexte tout en restant dans la démarche de travail que nous avions impulsé depuis notre arrivée dans l'école.

lundi 10 décembre 2007

Le projet Bidon

Un des axes de travail pour nous avec le conservatoire résidait dans le fait de pouvoir entamer des projets avec les étudiants Maliens.
Le cour de design de Sebastien Gerbier, tombait donc à pic pour qu'on s'y glisse et que nous réalisions des projets concrets avec les étudiants qui y assistaient.
C'est ce qui fut fait aussitôt après la rentrée avec les premières années Multimédia. Et Seb entama les hostilités avec un premier projet que trois groupes allaient réaliser.
Chacun de ses groupes aurait un Toubabou pour aiguiller les étudiants. Shaka ( yvou), Famaka (vico) et Balla (ben) seraient ces toubabous.
Le projet était quand à lui très simple et portait ainsi bien son nom: "Le projet bidon".
L'objectif étant de redonner une autre forme et une fonction au bidon d'essence de 20 litre en ajoutant peu d’élément extérieur au bidon lui-même. Ainsi le premier groupe composé de Suliman,Jean-Philippe,Yaya,Nouhoum et Shaka se lança ainsi dans la bataille après avoir présenté de nombreuses propositions à l'ensemble de la classe.




Donner une seconde vie à un bidon d’essence : la tâche était loin d'être aisée surtout dans un pays où le recyclage est loin d'être gage de qualité et encore moins un effet de mode. Le défi était donc de faire disparaître le bidon derrière sa nouvelle fonction. Sur les différentes propositions qu'a pu développer notre petit groupe, l'idée d'une bibliothèque lumineuse s'est doucement détachée. Il a ensuite été naturel de placer la source lumineuse à l'intérieur du bidon, la transparence et la couleur du plastique permettant une diffusion douce et homogène de la lumière. Il restait à définir les espaces de rangement pour les livres. La découpe oblique aux quatre angles permet de ranger les livres autour du bidon, ceux-ci deviennent alors pétales et le nouvel objet prend une forme florale. Il nous fallait ensuite donner une nouvelle fonction au bouchon : visser, dévisser, celui-ci devient interrupteur et vient finir un objet symbolique qui lie lampe et livre , lumière et savoir.









Le deuxième groupe composé de Boubacar, Habibatou, Kolly et Balla (Ben), s'est lui orienté après la présentation d'une quinzaine de propositions vers la transformation du bidon en sac à dos.
Dans un premier temps, l'idée a été de chercher à relier plusieurs propositions. Ainsi le concept s'orientait doucement vers un sac destiné pour les enfants avec comme principal atout : la possibilité de se transformer en petit camion, dont 4 bouchons serviraient de roulette. Seulement un problème venait enrayer leur évolution : la taille trop importante du bidon de 20 litres et donc du sac destiné aux enfants. Aucune solution n'est apparue de manière significative pour y remédier. Il fallait donc prendre une autre direction en pensant là aussi à supprimer le problème du volume.


le sac final a donc bénéficié de tous ces critères inscrist dans son cahier des charges. Il s'agit d'un sac composé de deux contenants. Le premier correspond au bidon lui même qui vient servir de coque à un deuxième contenant lui en tissu qui est en suspension à l'intérieur.

Le principe est de profiter des qualités protectrices du plastique épais pour protéger le contenant plus souple et confortable pour des objets fragiles. De plus, un dossier en mousse vient se greffer à la coque plastique pour le confort de l'utilisateur. Mais la véritable particularité de ce sac réside dans sa capacité à changer de volume selon les besoins. Ainsi la coque plastique découpée en deux parties qui s'enlacent, peut ainsi s'écarter ou se rapprocher libérant ou non de l'espace de rangement. Ce contrôle des différents positionnements, est basé autour des sangles qui cheminent à partir du dossier en mousse, et qui viennent transpercer les coques de plastique et par la même soutenir le contenant en tissu à l'intérieur.







Il restait à définir une attache pour ces sangles. Le bouchon et le pas de vis bien découpé sur le dessus du bidon allaient ainsi remplir se rôle. Ainsi les sangles provenant des 4 coins du dos du sac, passent chacune au travers de petites fentes percées dans le pas de vis de nouveau coller sur l'aplat. Lorsque que la vis est défaite, les sangles sont libre et le volume grandi ou rétréci. Quand le bouchon est revissé, les sangles sont bloquées et le volume reste statique.




Ce projet à donc évolué après de nombreuses réflexions sans s’attacher à une demande ou à une cible précise. La démarche fut ainsi intéressante avec de nombreuse propositions et remises en cause des axes de recherche. Et le fait que l'objet ait su se sortir des principaux handicaps que le bidon imposait fut très positif : manque d’adaptation de son volume, non-esthétique, manque de confort...






Evidement comme pour les autres groupes, ce travail permit de rapprocher encore plus les étudiants avec ce petit groupe de toubabou.



Le troisième groupe est le groupe « Miria » composé de l’équipe de choc Mohamed, Fatim, Bakary et Famaka alias Victor.


La première séance de travail sous forme de mini brainstorming a vu naître un bon nombre d’idée allant du berceau, à l’étagère, à l’enseigne lumineuse et aux récipients divers et variés ou encore une télé manivelle.










Après une sélection des projets les plus pertinents, deux projets se sont démarqués. D’une part un projet appelé marchand d’essence. Il faut vous expliquer le contexte : Dans Bamako, on peut acheter son essence à la pompe classique ou à de petits vendeurs de rues qui vendent l’essence au litre dans des vieilles bouteilles en verre. Ce sont en particulier les deux roues qui en sont clients. Ces marchands sont installés le long des routes et vendent l’essence et l’huile sur de petites tables en bois et tôles avec une petite loupiote à la nuit tombée. Le projet consistait donc à créer à partir du bidon une mini boutique servant de range bouteille et d’enseigne à installer prêt de la route. Le bidon permettait donc de transporter les bouteilles facilement et de pouvoir s’installer où on veut sur le bord de la route et de dérouler l’enseigne pour marquer sa présence au prêt des motocyclistes.
Malheureusement après un tour sur le terrain et quelques discussions nous avons appris que cette méthode de vente d’essence avait été interdite par l’état sous la pression des grosses multinationales de pétrole que je ne citerai pas. Ils s’avèrent donc que tous les vendeurs croisés dans la rue sont dans l’illégalité et les trois quart du temps, ils se servent de la vente d’huile pour vendre l’essence sous la table.
Le projet a donc été abandonné au profit d’un projet autour du tamis.









L’idée est venue de Mohamed qui voulait découper le bidon pour créer différents tamis avec le contour en plastique. Le projet a évolué et est devenu un petit set complet de tamisage contentant deux récipients et deux tamis à mailles différentes et le tout est transportable en un seul objet. L’évolution réside dans le fait qu’il est possible de tamiser dans une boite fermée et donc ainsi éviter de récupérer de la poussière ou du sable au moment du tamisage.






Ce projet qui est en soit assez simple est bien ancré dans un besoin réel car ici le tamis est un objet du quotidien.

Le CAMM

Accéder au conservatoire relève plus du parcours du combatant que de la balade de santé. Il faut d'abord gravir la coline du point G, la route serpente et on apercoit l'établissement sur le versant opposé. Le goudron ne le dessert pas. on doit donc emprunter un petit chemin de terre qui à lui seul doit causer plus de dégats à nos voitures qu'un voyage Paris - Bamako. Une fois passé cet obstacle on s' apprête à penetrer dans l'enceinte de l'établissement qui depuis peu présente un petit rond point...


Le site présente quatre bâtiments principaux. le bâtiment administratif, la médiathèque, et deux autres bâtiments qui regroupent les salles dediées aux différents départements du conservatoire : Musique Multimédia et cours théoriques dans le premier, danse, art plastique et théâtre dans le second. A noté qu'un Cinquième bâtiment est en cours de construction.

Le bâtiment administratif. On y trouve au rez de chaussée le hall d'accueil, une grande salle de conférence, la cantine, et une petite salle. A l'étage on retrouve les bureaux des différents directeurs, de la secrétaire et une salle de réunion. L'orientation sud des bâtiments, si recherchée par chez nous, a eu ici pour consequence l'abandon de l'entrée principale. Celle-ci étant toujours exposée au soleil il y fait beaucoup trop chaud et on prefère entrer par l'arrière du bâtiment, toujours a l'ombre. Il est entièrement vitré mais une structure métalique aerée forme une second peau protectice. Elle permet d' empecher les rayon du soleil de passer tout en laissant entrer la lumière.






Le médiathèque est une section de cylindre, découpée par de nombreuses fenêtres, hautes et très fines telles des meurtrières. On y accède par un longue rampe, bordée de petits palmiers, qui donne sur une porte en verre. Elle laisse apparaître un second portique composé de plusieurs étagères sur toute la hauteur. Celles-ci sont vides mais on peut penser qu'elles devaient servir de bibliothèque. L 'ensemble est relativement imposant. Une fois ces deux portails ouverts, on entre dans une salle relativement petite. Surtout par rapport à l'idée que l'on pouvait s'en faire de l exterieur. On y trouve un espace de travail, de nombreux livres et une dizaine d'ordinateurs. La base circulaire du bâtiment a l'inconveniant d'être difficilement aménageable et le découpage des pièces dans cet ensemble n'a pas dû être évident. Certaines petites salles aux bases un peu batardes ne sont actuellement utilisées que pour entreposer du matériel ou servent de labo photos.





Le premier bâtiment de travail est massif, à flanc de coline et possède les même fenêtres que la méditahèque. Il est composé de deux ailes séparées par un grand escalier. A droite l'aile musicale. Piano, guitar, flutte, batterie, cora et studio d'enregistrement. A gauche l'aile informatiqe avec deux salles info et trois salles de cours classiques.




Le second quant à lui est composé de grandes salles très lumineuses avec du parquet. Idéal pour les cours de danse et de théâtre. Il s'y trouve par ailleurs un atelier de scupture et peinture.

Nous connaissons maintenant très bien chaque salle du CAMM. Cela fait maintenant près de trois mois que nous suivons les cours qui y sont donnés, chacun selon nos envies. Musique et graphisme pour Cyril, expression corporel, danse, Culture génerale pour Benoit, sculpture photographie et graphisme pour Yves, Photo Graphisme expression corporelle pour Victor Nous nous retrouvons évidemment tous ensemble pour le cours de design orchestré par Sebastien. La grande diversité des cours proposés nous permet de nous ouvrir à des univers très différents. Il est inutile de vous dire que c'est un aspect très important dans notre futur métier.

jeudi 6 décembre 2007

Petit projet de panneau de circulation

Comme nous avons pris pas mal de retard pour expliquer les projets en cours qui sont très nombreux, nous allons reprendre le fil avec un mini projet qui a le mérite d'exiter car il a été réalisé en à peine 30 minutes et à abouti à un objet concret et utilisable.
Le contexte est un peu particulier car Famaka (victor) et Balla (Benoît) se trouvaient dans la zone industrielle, située à l'Est de Bamako, ils se trouvaient avec le forgerons du conservatoire en train de réaliser un autre projet que nous allons être en mesure de vous raconter très prochainement. Quand soudain, deux Maliens sont venus à leur rencontre.
Ces gens très sympathiques faisaient partie d'une association qui avait entre autre la charge de réaliser des panneaux de signalisation pour les passages scolaires. Ceux-ci avaient déjà réalisé une base du panneau mais se trouvaient coincés quand à l'illustration du panneau.


Balla leur proposa ainsi en quelques minutes plusieurs propositions. Et il abouti vite à une solution adéquat qui correspondait à leurs attentes. Il s'agissait aussi de réflechir aux couleurs qui pourraient être employées et au placement de celle-ci sur le panneau. Ici la représentation d'un simple passage clouté n'est pas la même, car ils n'héxistent tout simplement pas dans les rues de Bamako et cla implique donc une approche très différente.



Mais uns fois ce panneau réalisé, nous ne voulions pas en rester là, et leur objet présentait plusieurs atouts qui méritaient d'être développés. Notament ce panneau doit être mobile car il se place au milieu de la route à chaque fois que la circulation à besoin d'être arrêtée. Ainsi, on pouvait envisager de l'alléger car celui-ci est fait en tige d'acier. Nous avons ainsi supprimé certains éléments moins indispensable pour sa structure. De plus, il s'agissait aussi de donner une continuité dans la forme du socle pour aller épouser la nouvelle forme triangulaire du panneau, ce qui fut fait avec une déformation du haut du socle.
Enfin, l'idée a été d'utiliser l'attache du panneau de manière différente pour faire en sorte que le panneau soit interchangeable avec d'autres motifs dédiés à d'autres utilisations. Ainsi après 30 minutes de travail, nous arrivions à la fin de notre élaboration. Il ne restait plus qu'à eux de réaliser physiquement l'objet avec toutes ces modifications.


Ce fut pour nous un projet un peu fou. Tout d'abord car cela émanait d'une démarche spontanée de la part de ces deux personnes qui avaient simplement pris connaissance de notre présence dans la zone industrielle.
Mais ce fut aussi fou par la vitesse de réaliation de celui-ci. Elle fut aussi possible par l'incroyable réceptibilité de ces deux Maliens et de leur étonnante connaissance des procédés de travail que nous employons. Cela facilitat énormément la tâche. Un projet modeste mais une expérience sympatique.

lundi 19 novembre 2007

Atelier technique

Depuis notre arrivée à Bamako et même plus loin en amont, nous avions soulevé l'envie de créer certains ateliers dans le conservaoire des Arts et Métiers. Ce projet fut largement appuyé par le don de Renault Design qui nous confia un carton rempli de marqueurs et de matériel adapté aux roughs de "design". Et c'est Ballà qui a pris les reines de ce projet et qui s'est présenté comme l'animateur ces ateliers. Ces rendez-vous libres furent l'occasion de créer le contact avec les étudiants de 1ère année Multimédia et Art plastique. Ainsi malgré le caractère non obligatoire de ces ateliers, ceux-ci rencontrèrent un franc succès et un très bon retour de la part des étudiants Maliens et de la direction. Un plaisir pour construire ensuite avec eux de bonnes relations et plus tard entamer de beaux projets avec leur collaboration.









Ces ateliers s'inscrivent entièrement dans la continuité des cours de design de Seb avec qui nous échangeons énnormément. Ils apportent plutôt une réponse sur la technique et la pratique du dessin, notament la maîtrise du marqueur utilisé en Europe pour la réalisation de squetchs "design". Ce sont aussi de bons moments pour y échanger des méthodes, des styles et des techniques tout en restant dans notre optique principale: concrétiser notre passage par une prise de conscience du design par les étudiants du conservaoire et à moyen terme de participer à l'émergence d'un véritable département de design artisanal. La sauce à donc prit vite, et c'est nos amis Bakari, Jean Philippe, Mariam, Mohamed, Habibatou ,Fatoumata (étudiants Maliens) ainsi que Ballà ( animateur du jour), qui en furent les premiers ravis. La réussite de cette initiative a généré l'arrivée d'autres étudiants de promotions supérieurs et a fait émerger de nombreux espoirs quand à notre travail ici.








mercredi 31 octobre 2007

(Projet 2) Serviette de travail

Dans le cadre des petits projets de lancements du département de design, une idée a été émise avec Sébastien pour créer un petit set de travail pour les étudiants du conservatoire.
Sur cette base de thématique, le but de cet objet est d'être capable de transporter à la fois quelques cahiers ou livres avec un nécessaire de stylo, feutres, crayons, pinceaux et autres petits outillages.Nous avons décidé de travailler à partir des matériels locaux trouvés dans le marché de Médine. Notre choix s'est porté sur la nat, ces fameux tapis en plastique tressé où les maliens s'allongent pour palabrer et prendre le thé. Les morceaux de nat peuvent aussi servir à faire de petits éventails. En partant de cette matière de base, il était à présent facilement possible de créer une serviette avec quelques bouts de tissus en plus. Les dessins sont très vite finalisés, ce qui permet à Victor d'avoir une première approche avec les artisans. Le contact avec eux est d'ailleurs excellent et ils donnent vraiment l'impression de s'intéresser au projet. Nous rencontrons tous d'abord Baga, un jeune de 25 ans avec un sourire jusqu'au oreilles prêt à nous préparer des nats aux dimensions spécifiques de la serviette pour pouvoir faire les premières maquettes. Le lendemain je rencontre son père (Adama) qui m'explique que son fils n'est pas ponctuel et il est désolé pour moi mais il s'intéresse au projet et me propose de réaliser les morceaux de nat. C'est un homme extrêmement gentil et enthousiaste et les occasions de discussions avec lui sont toujours un plaisir. Au bout de deux jours Adama me fait rencontrer Lamin Keita, un jeune couturier plutôt discret qui est prêt à réaliser les premiers prototypes d'après la maquette que j'ai cousu à la main.


Le projet est entre de bonnes mains et quelques jours plus tard, j'avais les deux premiers prototypes déjà forts convaincants. L’avantage de cette serviette par rapport à un cartable classique est qu’elle peut aussi bien servir seulement de trousse en étant roulé, que servir de serviette pour transporter documents et cahiers. La nat permet ces deux fonctionnalités.









Lamin va, à présent, tenter de la commercialiser après avoir défini un prix de 1000 à 1500 Francs CFA par pièce. De mon côté, il me reste à convaincre le conservatoire d'en offrir à ces étudiants où encore de s'en servir comme objet de promotion auprès des Bamakois. En tous cas il y a déjà des commandes mais avec d'autres couleurs car celle-ci laisse à désirer.

mardi 30 octobre 2007

(Projet 1) Les masques pour Jakarta

On commence donc par le commencement.
Ca fait déjà 5 semaines que nous sommes à Bamako et pratiquement 4 semaines que nous avons commencé à travailler sur nos projets.

Le premier d'entre eux se devait de jouer un rôle important quand à notre entrée en matière. Il devait nous permettre d'avoir un bon apriori de la part de la direction du conservatoire assez déçu par la préstation de l'échange de l'an passé. C'était aussi pour nous le meilleur moyen de nous exprimer dès la rentrée auprès des étudiants Maliens pour leur montrer un processus, et un projet qui va jusqu'au bout.

Le problème était évidement de trouver le "problème". C'est toujours la même chose. Nous sommes entourés par un tas de problèmes plus ou moins conséquent sur notre vie de tous les jours et pourtant c'est si difficile de les mettre sur la table et d'en choisir un qui soit à la hauteur de nos attentes. De plus, nous ne connaissons pas le Mali. En tant que Toubabou, nous n'avons pas la prétention de connaître le quotidien de chaque Malien et donc d'en tirer les grands traits, ses avantages et bien sûr ses défauts avec toute l'objectivité que cela implique.

Après quelques jours d'observation, Balà remarque que les Fameuses Jakarta (Motocyclette) dont il a eu l'occasion d'utiliser chez Alima posent certains problèmes. Le premier est évidement celui de l'inéxistance des casques. Mais nous entrons là dans un soucis bien trop profond qui met en jeu des habitudes, et c'est trop difficile de commencer par cela. Le second problème pratique que l'on remarque est que lors de la conduite de ces petits engins, on inale la poussière rouge en suspension dans l'air partout dans Bamako, qui vient irriter les bronches et les poumons. La problèmatique est donc posée.



Une seule observation est à notre disposition: certains Maliens résolvent ce problème avec les moeyns du bord, en transposant les masques pour les yeux que l'on trouve dans les avions vers une fonction de masque à poussière dans ce cas précis. Cependant, ceux-ci ne sont, à notre avis, pas adaptés, trop chaud, pas assez conoté africain...
Nous devons donc faire un masque différent. Mais quel genre de masque? Comment le réaliser? Avec quoi, par qui et pour qui?

Nous décidons d'orienter notre projet dans un premier temps en fonction des matériaux qui sont à notre disposition. Un premier tour dans le marché de Medina nous donne un aperçu de ce qui se fait et nous y achetons du fil de fer récupéré sur les pneus d'automobile, de la chambre à air en lanière et des pagnes dont les teintures ont raté, qui sont bradés à des prix cassés.

Chacun son petit micmac. Cyril commence par tresser des morceaux de papier, Yvou a allier la colle universel avec le tissu pour en rigidifier certaines parties, Vico à entamer des patrons sur papiers et Balà a commencé par former des armatures sur fil de fer. Par la suite Balà va suivre d'un peu plus près l'évolution de ce projet.



Il va ainsi a son tour commencer à travailler sur le papier puis sur le tissu. Il s'agit d'adapter ses fameuses armatures avec ce deuxième matériaux qu'est le tissu. Le problème c'est qu'on ne veut pas que le métal soit au contact de la peau, qu'il soit facile à faire, donc avec le moins de coutures possible et surtout qu'il corresponde au maximum à une identité locale. Plusieurs maquettes plus ou moins abouties ont ammené l'armature à avoir plus qu'une simple fonction d'ergonomie et de structure, mais aussi d'apparat.




L'idée est même d'aller plus loin. Quand les Maliens irons chez le tailleur pour faire confectionner des boubous de cérémonie à partir du pagne qu'ils ont eux même choisi et fourni, Le tailleur pourra, à partir des rejets de tissu, fabriquer un petit masque qui irait dans la prolongation de ces boubous et qui serait d'avantage valorisé que le masque pour les avions.

Nous arrivons à un stade où il nous est necessaire de nous confronter aux réalités de leurs fabrications et de leurs repésentations ici. Nous allons donc de nouveau nous perdre dans la Medina pour avoir les avis des artisants qui y travaillent.


Nous avons rapidement satisfaction. En effet, en plus d'avoir leur opinion sur nos propositions, nous y découvrons un masque à Jakarta déja éxistant, et fait en série par les tailleurs du marché.

Nous avions sous-estimé leur capacité à faire un objet assez complexe ( doublage du tissus, bordures, élastique cachés, tissu différent), lavable, souple et léger.
Cependant, ce masque n'est que le digne successeur du masque pour les avions dont il a gardé les formes. Il est, par là même, victime des mêmes défauts: très chaud et opprésant, peu esthétique, pas forcément très ergonomique. Du coup, ces artisants nous expliquent que nos maquettes ne sont pas forcément très belles, très faciles à faire car nécessitent l'intervetion de deux artisants différents et surtout qu'elles ne sont pas lavables voire dangereuses dans certains cas.

Nous devons donc nous enrichir de tout cela et faire rebondir ce projet en l'orientant cette fois-ci dans une direction mieux définie. Tout d'abord, nous comprenons que ces matériaux de récupération que nous valorisons tant chez nous, ne sont pas du tout appréciés ici et ont même une image négative. Nous décidons ainsi de faire deux propositions différentes: une, assez standard, qui sera assez basique et simple à fabriquer, et une volontairement plus "Kich" pour aller dans le sens de l'apparât à son extrême comme les maliennes semblent l'aimer. Nous transposons ainsi nos formes obtenues sur nos maquettes et abandonnons définitivement le métal. Puis Seb et Balà, s'en vont au grand Marché, dans le centre de Bamako, afin d'y rencontrer un tailleur qui voudra bien leur confectionner ces fameux masques. Nous en trouvons un qui joue totalement le jeu et qui étudie, transforme et ajuste la proposition que nous lui remettons sur un reste de pagne. Au bout de 20 minutes, c'est fait. Nous avons notre première version.







Il s'agit maintenant d'aller au bout des choses et donc d'en réaliser une, plus féminine, avec un papillon en paillette, un tissu plus voyant, etc.
Deux jour après, tout est réalisé. L'artisant à même pris les devants et en a rélisé quatre autres. Il pourra les vendre comme bon lui semble. Nous sommes très satisfait de cette réaction qui va dans le sens de nos attentes. Du point de vue du projet, nous sommes content d'aboutir enfin à une solution physique et utilisable. Les remarques des gens qui nous entourent sont bonnes et ils semblent emballés par nos masques. Certains font d'ailleurs leur petite commmande à l'artisant. Pour nous, c'est un premier pojet qui avec toutes ses orientations, bonnes ou mauvaise, a su aller jusqu'au bout, tout en tenant compte au maximum du contexte local et c'est là le plus important. ll est temps de s'arrêter là, même s'il pourrait encore évoluer, se diversifier... Ce sera un bon exemple à présenter aux étudiants du conservatoire, afin de leur monter qu'en deux semaines, tout est possible. Et peut-être, par la suite, nous aurons enfin la chance de travailler avec eux sur des problematiques plus justes.



(Que les personnes qui voient dans cet objet un "cache sexe", ont vraiment l'esprit déplacé...!)

Inauguration

Bon voilà donc le premier article qui retrace à peu près notre premier projet. Nous sommes bien évidement assez en retard niveau rédaction car nous avons déjà réalisé plusieurs projets. Ceux-ci devraient ainsi arriver très pochainement. Soyez un peu patient.