Le réveil est difficile après une nuit peu reposante mais tout le monde se lève tranquillement pour profiter de ce deuxième jour. Au sein de la cour où nous dormons se trouve un puits où l'eau est puisée pour se laver et faire la cuisine. Le puits fait entre dix et quinze mètres de profondeur et est recouvert d'une simple tôle avec tous les gamins qui jouent autour. Il n'y a pas eu de drame mais en voulant puiser de l'eau avec l'outre, Fatou a oublié de vérifier l'accroche de la corde au bord du puits. Résultat: l'outre en chambre à air flotte au fond du puits. Eclats de rire, c'est malin! Nos voisins nous rassurent "y a pas de problème" et nous expliquent que ça arrive et que ce n'est pas grave. La scène est tout de même assez comique.









Sur ce, un des voisins débarque avec un crochet pour récupérer l'outre mais au moment de la remonter, le noeud retenant le crochet se défait et celui-ci disparaît au fond de l'eau accompagné de son chargement. Fatou ne sait plus trop où se mettre et les discussions vont bon train. Finalement, un homme descend dans le fond du puits en s'agrippant au long de la paroi dans les trous prévus à cet effet. Sa tête réapparaît quelques minutes plus tard avec tout le matériel. Pour les remercier Fatou leur paie le thé pendant que nous prenons notre petit déjeuner dans un boui-boui du quartier. Merci Fatou pour cette animation matinale.
La matinée est consacrée au shopping en bons touristes que nous sommes et nous décidons de partir manger de l'autre côté du fleuve et de passer l'après-midi là-bas.













Ibrahim nous emmène donc sur sa pinasse (pirogue du Niger) pour traverser les 600, 700 mètres qui nous séparent de l'autre berge. Nous débarquons donc dans un petit village bozo (pêcheur du Niger) appelé Kalabougou fait de huttes en terre et toits de paille. C'est exactement l'image que l'on a du village africain typique. Nous nous installons à quelques mètres du fleuve pour manger du riz avec du poisson en sauce sous une cahute tenue par une mama qui est occupée à vider ses poissons.






Le village s'étend le long de la berge et notre petite troupe s'éparpille en petits groupes ou seul pour découvrir et profiter de cet endroit magique. L'endroit est calme et rythmé par l'arrivée et le départ régulier des pinasses qui font office de bac pour traverser. Au détour des petites ruelles en terre, dans l'entrée des petites cours, on aperçoit des femmes occupées à cuisiner, déquortiquer ou encore tisser pendant que les enfants jouent dans l'eau. Les maisons semblent sorties de terre car leur couleur ocre se mêle avec celle du sol.







A l'arrière du village, un immense manguier tondu sur le dessous par les animaux semble veiller paisiblement sur ce petit bout de terre. Je ne peux m'empêcher de grimper dans ses branches, accompagné de quatre gamins dont Ibrahim, un petit qui me suivra toute la journée tandis que Djéneba ne résiste pas à une sieste à l'ombre de ses branchages.













Fatou dessine au bord du fleuve, Shaka est parti à la découverte des alentours accompagné de Ballà et Mussa. L'arrière du village est un marécage traversé par un chemin rejoignant le village où passe de temps en temps une charrette remplie de bois avec son âne et son jeune cocher. On a presque envie de s'asseoir à l'arrière pour rentrer au rythme des sabots mais il est fort possible que celui-ci ne touche plus le sol au moment où nous grimperons dessus.



























L'après-midi passe paisiblement pendant que le soleil descend tranquillement sur l'horizon offrant un paysage orangé, reflété par le fleuve avec des éclats de lumière dorée. C'est idyllique et on ne s'en lasse pas. Cette ambiance, ce paysage, ces gens qui font que l'on gardera des souvenirs magiques de l'Afrique. Ibrahim nous appelle, il est temps de rentrer accompagnés des dernières lueurs du soleil sur le fleuve qui s'étend de tout son long.


Pour nous remettre de nos émotions, nous buvons un verre sur une terrasse qui donne sur le fleuve. Nos voisins de table étant deux crocodiles fort charmants enfermés et exposés aux clients de passage. A quelques mètres d'eux avec une grille, ils restent tout de même extrêmement impressionnants surtout quand ils bougent pour aller engloutir un crapaud dans leur bassin. Après ce petit apéritif, nous rejoindrons un boui-boui pour dîner à la lueur des bougies car le patron n'a plus d'électricité. Nous attendrons longtemps dans la pénombre avant l'arrivée des couscous et autres spaghettis. Tout le monde est fatigué et décide de rentrer se coucher de bonne heure tandis que notre piroguier Ibrahim part faire la fête au golfe.


Le lendemain matin la petite troupe se sépare.





Ballà, Shaka, Mussa et moi-même (Famaka) rentrons en direction de Bamako par le bus de 9h tandis que Fatou et Djeneba partent sac à dos et baskets aux pieds en direction du pays dogon en passant par Mopti et Djénné. Bon voyage les filles!