Voyage au Pays Dogon
Par Victor Barriquand, mercredi 26 décembre 2007 à 12:03 :: General :: #52 :: rss
Nous avons fini notre intervention à l'école par une grande exposition de tous les projets réalisés avec les étudiants et nous partons donc sereins pour visiter l'ouest du Mali ce mercredi 12 décembre. Il est 8h30 quand nous embarquons dans le bus pour rejoindre Mopti à l'ouest de Bamako. Le trajet durera toute la journée et nous squattons l'arrière du bus tous les quatre accompagnés de Seb.
La pause de midi dura à peine une demi-heure, le temps que le chauffeur avale une assiette de riz sauce caillasse (sauce arachide accompagnée de multiple petits cailloux). Nous n'avons même pas le temps de finir nos assiettes que le bus klaxonne; allez hop! tout le monde en voiture. Ni une ni deux nous laissons nos assiettes aux gamins qui connaissaient la combine et nous remontons dans notre engin. Le trajet se passe traquillement et le paysage change peu à peu entre brousse et marécage avec, le long de la route, des baobabs aux formes variées. Nous arrivons à Mopti vers 18h. Mopti est appelé la Venise du Mali car cette ville est entourée de marécages et deux fleuves la traversent : le Niger et le Bani. A notre arrivée des courses de pirogues font rage au soleil couchant sur le Bani baigné d'une lumière dorée. La scène serait magique si toutefois nous n'étions pas assaillis par des pseudo-guides et marchands qui nous attendaient dès notre sortie du bus. Je casse les prix, mais je casse pas les pieds, c'est la good vibration, yeah man, pour le plaisir des yeux etc...

Le discours est le même partout mais au bout de trois mois et une journée de bus, c'est fatigant et on perd un peu patience. Nous rejoignons finalement un hôtel nommé "Y'a pas de problème" qui est le point de départ de la plupart des voyages au pays dogon. Les guides et touristes s'y retrouvent pour mettre au point les excursions. Nous dormirons sur la terrasse. Pendant le repas, plusieurs guides défilent et nous rencontrons finalement Seidou Guindo, un immense dogon de 2m qui se fait appeler De Gaulle. Il en a l'allure et légèrement le faciès. Une canadienne nous l'a recommandé et nous sympathisons très vite. Le programme du voyage est décidé : nous partirons pour 4 jours dans le pays dogon et ensuite retour à Mopti pour deux jours de pinasse pour aller au lac Debo.

Il est 6h30 sur la terrasse de l'hôtel à notre réveil. Nos sacs sont fin prêts et Seidou arrive à 7h avec une magnifique 505 break 7places avec son chauffeur : nous serons finalement montés dans cet engin mythique qui sillonne les routes d'Afrique. Après une petite halte à la boulangerie dogon pour le petit déjeuner et un passage à la banque, nous voilà partis en direction de Bandiagara, ville qui marque l'entrée dans le pays dogon et qui est la plus importante du plateau de Bandiagara. Quelques vivres seront achetés à Bandiagara avant de repartir sur une petite route escarpée tantôt en latérite, tantôt en pavés. La route traverse des cultures d'oignons et sillonne le relief rouge du plateau de Bandiagara. Ca et là les premiers villages dogons apparaissent avec les huttes en terre et les toits de paille. Ils sont souvent disposés sur les hauteurs et très regroupés sur eux-mêmes.


La route est escarpée et magnifique. Notre 505 roule tranquillement en direction de Dourou : le point de départ de notre ballade. Vers 11h30, nous y arrivons pour y déjeuner. L'endroit est calme et la place du marché annonce une animation imminente. Vers 13h, la place se remplit de couleurs vives et les boubous des femmes s'agitent pour vendre piments, condiments, oignons, viande, etc. Le village est accroché au rocher et surplombe une petite vallée verdoyante où déambulent des chèvres sous les manguiers. Cette vallée est en fait une simple faille dans le plateau rocheux. Nous attendons deux bonnes heures avant de manger et ensuite c'est la sieste.










Il est 17 h. Il est temps de repartir pour rejoindre le village natal de Seidou avant la nuit. Nous marchons dans la brousse et sur les rochers. L'horizon semble se rapprocher pour finalement être à quelques dizaines de mètres de nous. Nous sommes au sommet du plateau, en haut de la fameuse falaise qui surplombe la plaine qui s'étend jusqu'au Burkina Faso. On croirait à un océan tellement la plaine s'étend à perte de vue et se confond avec le ciel. L'endroit est magique et force à la méditation. Nous restons tout simplement scotchés. Le sentier emprunte une faille dans la falaise qui permet de rejoindre la plaine, une centaine de mètres en dessous. Nous passons donc entre d'immenses parois rocheuses où l'on se sent bien petit. Nous passons sous d'énormes rochers qui tiennent en équilibre entre les deux parois. A la sortie de la faille nous apercevons le village de Nombori en contrebas et nous pouvons voir nettement la falaise s'étendre à perte de vue. Nous arrivons finalement chez le cousin de Seidou qui tient un petit campement où les touristes de passage peuvent dormir et manger dans une petite concession. A un demi-kilomètre de la falaise, des dunes de sable sont encore éclairées par les derniers rayons du soleil et nous ne résistons pas à l'idée d'aller en profiter pour finir la journée. De ce point de vue sablonneux, la falaise prend toute sa dimension. Ce site est exeptionnel et on comprend mieux sa reconnaissance touristique. C'est à la hauteur de tout ce que l'on raconte. Il fait sombre et il est temps de retrouver la petite cour où nous passerons la soirée. Les toits feront office de dortoir et le ciel étoilé de toit au-dessus de nos têtes. La nuit est magnifique et elle donne envie de se coucher tôt pour observer les étoiles avant de s'endormir. Le village est tout noir et des cris de fêtes nous arrivent de la falaise. Les rythmes et autres célébrations animistes prennent une toute autre tournure. C'est étrange, on frissonne et on prend conscience que ça existe vraiment. Nous sombrons dans le sommeil.





Aux premiers rayons du jour, nous rejoignons les dunes pour observer le réveil de la falaise avec les pieds nus enfoncés dans le sable et profiter du calme et de la sérénité de cet endroit. De temps en temps nous croisons un charriotte tirée par un âne accompagné de quelques gamins au milieu des dunes.




Nous sommes sous le charme, complètement envahis et pénétrés par la beauté et la puissance de cet endroit. Le petit déjeuner nous attend et nous rejoignons Seidou qui s'est réveillé. Après avoir avalé un petit thé ou café au lait accompagné des beignets locaux, De Gaulle nous emmène visiter son village en expliquant les différentes traditions, les lieux importants et surtout l'histoire de la falaise : avant l'arrivée des dogons, un peuple appelé les télems habitait la région. A cette époque la plaine était recouverte d'une épaisse forêt regorgeant d'animaux sauvages très dangereux. Pour se protéger, les télems ont donc investi la falaise en contruisant des maisons troglodytes sur la paroi abrupte. Certaines se situent à plus de 60 mètres de haut et Seidou nous explique qu'ils les atteignaient à l'aide de cordes et en escaladant. Quand on est au pied de cette falaise, on se demande comment c'est possible mais les trous faisant office de porte d'entrée et fenêtres en sont la preuve. La falaise a littéralement été creusée pour accueillir ce peuple de petits hommes ancêtres des pygmées.
Vers 1400, les dogons sont arrivés sur la falaise et ont peu à peu investi le bas de la falaise et ont commencé à faire des champs en détruisant la forêt qui disparaissait peu à peu sous l'effet du climat. Les télems sont des cueilleurs et des chasseurs et voyant leur territoire disparaître peu à peu, ils ont dû quitter cette terre au profit des dogons, une ethnie de cultivateurs et de bergers. Les maisons des télems sont devenues les sépultures du peuple dogon mais les derniers télems viennent encore célébrer leurs ancêtres une fois par an lors d'un pélerinage.





Il est 11h, le soleil commence à taper et il est temps pour nous de rejoindre le prochain village où nous ferons la pause de midi. Nous reprenons donc nos sacs à dos et arpentons le chemin qui longe la falaise. Nous suivons une rivière asséchée qui semble être une rivière où le sable blanc s'écoule. Sous quelques manguiers, nous nous arrêtons pour déguster quelques mangues qu'un petit gamin nous a proposé. Ce n'est pas la saison, mais il reste encore quelques fruits. Nous sommes assis près d'une petite rivière, protégés du soleil par de grands manguiers et nous dévorons les juteux fruits oranges : le bonheur...
Vers midi nous arrivons au village pour manger. Nous sommes accueillis dans une petite auberge à l'entrée. Le soleil nous assomme un peu et la fatigue nous donne envie de dormir alors que nous avons marché à peine 1h30. La pause est bienvenue pour manger et se reposer un peu. Ca fait du bien de prendre le temps. C'est un vrai plaisir. En fait, nous évitons les heures les plus chaudes de la journée pour marcher donc nous reprenons le chemin pour rejoindre le village de Tiréli où nous passerons la nuit. Les villages se suivent mais ne se ressemblent pas. La couleur des petites maisons changent, le relief de la falaise varie et les maisons télems sont plus ou moins espacées. Tiréli est aussi un véritable havre de paix accroché à la falaise. On se croit vraiment dans l'Afrique des contes, des marabouts et des sacrifices. L'atmosphère est aussi impressionnante que le paysage.




L'endroit où nous logeons est encore très agréable et une seconde nuit sous les étoiles nous enchante. C'est le troisième jour déjà. Ce matin nous repartons à la visite du village où nous logeons. Seidou nous emmène devant la maison du Ogon qui est au pied de la falaise. Les ogons sont les chefs des dogons. Il y a une hiérarchie entre les ogons. Ils sont plus ou moins importants et ont plus ou moins d'influence entre eux dans tout le pays d'ogons. Les villages possèdent tous des constructions que l'on retrouve dans chacun d'eux. En premier il y a le toguna qui est le lieu où se retrouvent les vieux pour résoudre les problèmes du village : c'est un bâtiment sur pilotis avec un toit très épais composé de paille. Le toguna est bas pour empêcher les gens de s'énerver et ainsi ils risqueraient de se cogner la tête en se levant. C'est l'un des endroits les plus importants du village. Il y en a souvent un par quartier. Des totems sont répartis dans les villages et sont les endroits de sacrifices. C'est la plupart du temps une pierre ronde recouverte de crème de mil, un liquide blanchâtre. On trouve souvent ces totems sur des places qui sont les lieux de rituels et de danses des masques dogons. Il faut aussi parler des greniers. Ce sont de petites bâtisses en terre avec un toit de paille où sont entreposées toutes les affaires des hommes et des femmes : nourriture, outils, affaires personnelles... Ce sont un peu les armoires européennes. Un autre bâtiment a son importance : il s'appelle la maison des femmes. Seidou nous explique que c'est l'endroit où viennent les femmes pendant leurs règles car elles sont considérées comme sales par les esprits dans la religion animiste. Les femmes ont la vie dure dans ces pays où la religion les soumet. Il est difficile de trouver ça normal pour nos yeux d'européens mais je ne partirai pas dans ce débat car il y a trop de choses à dire.



Nous reprenons le chemin qui longe la falaise pour rejoindre le village de Amina où nous attend encore une petite auberge pour lézarder pendant les heures chaudes. Amina possède une curiosité intrigante. A l'entrée du village une mare sacrée accueille une bonne dizaine de crocodiles qui nous observent à la surface de l'eau, du coin de l'oeil. Nous assistons d'ailleurs à une scène assez marquante : il faut bien nourrir les crocodiles qui soit disant n'attaquent jamais les gens du village. Un guide d'un couple français décide donc d'acheter un poulet à leur offrir. C'est à moitié un sacrifice et à moitié une curiosité touristique. Le poulet ne tiendra pas longtemps face aux machoires des crocos et sera englouti dans les profondeurs de la mare après que le villageois ait joué avec les nerfs des reptiles. Le soir nous passons la nuit à Iréli. C'est notre dernière nuit à l'ombre de la grande falaise. On ne se lasse pas de tous ces petits villages et de la grande falaise qui nous domine touT le long du voyage. De plus notre guide Seidou est vraiment un type génial et nous ne regrettons pas de l'avoir choisi. Un réel lien d'amitié se tisse entre nous.





Le lendemain matin nous rejoignons Banani pour notre dernier repas en bas de la falaise. Nous profitons de ce dernier point de vue avant de remonter à travers une brèche dans la falaise pour rejoindre Sangha. Des femmes portant des énormes charges de plus de 60 kg sur le crâne descendent en tongs sur le chemin escarpé comme si de rien n'était tandis que d'autres, enceintes, montent la falaise avec un gamin dans le dos et un chargement sur le haut du crâne. Nous sommes sidérés par l'endurance et la force de ces femmes pendant que nous suons à grosses gouttes. Arrivés en haut, nous nous retournons pour profiter une dernière fois de ce site naturel et nous rejoignons la vaillante 505 à Sangha. Après quelques heures de route sur le plateau, nous voici de retour à Mopti sur la terrasse du "Y'a pas de problème". Les filles, Chloé et Nana, nous rejoignent dans la nuit après avoir dit au revoir à Fatou et Rokia qui rentrent en France cette nuit. A bientôt les filles!








La pause de midi dura à peine une demi-heure, le temps que le chauffeur avale une assiette de riz sauce caillasse (sauce arachide accompagnée de multiple petits cailloux). Nous n'avons même pas le temps de finir nos assiettes que le bus klaxonne; allez hop! tout le monde en voiture. Ni une ni deux nous laissons nos assiettes aux gamins qui connaissaient la combine et nous remontons dans notre engin. Le trajet se passe traquillement et le paysage change peu à peu entre brousse et marécage avec, le long de la route, des baobabs aux formes variées. Nous arrivons à Mopti vers 18h. Mopti est appelé la Venise du Mali car cette ville est entourée de marécages et deux fleuves la traversent : le Niger et le Bani. A notre arrivée des courses de pirogues font rage au soleil couchant sur le Bani baigné d'une lumière dorée. La scène serait magique si toutefois nous n'étions pas assaillis par des pseudo-guides et marchands qui nous attendaient dès notre sortie du bus. Je casse les prix, mais je casse pas les pieds, c'est la good vibration, yeah man, pour le plaisir des yeux etc...

Le discours est le même partout mais au bout de trois mois et une journée de bus, c'est fatigant et on perd un peu patience. Nous rejoignons finalement un hôtel nommé "Y'a pas de problème" qui est le point de départ de la plupart des voyages au pays dogon. Les guides et touristes s'y retrouvent pour mettre au point les excursions. Nous dormirons sur la terrasse. Pendant le repas, plusieurs guides défilent et nous rencontrons finalement Seidou Guindo, un immense dogon de 2m qui se fait appeler De Gaulle. Il en a l'allure et légèrement le faciès. Une canadienne nous l'a recommandé et nous sympathisons très vite. Le programme du voyage est décidé : nous partirons pour 4 jours dans le pays dogon et ensuite retour à Mopti pour deux jours de pinasse pour aller au lac Debo.

Il est 6h30 sur la terrasse de l'hôtel à notre réveil. Nos sacs sont fin prêts et Seidou arrive à 7h avec une magnifique 505 break 7places avec son chauffeur : nous serons finalement montés dans cet engin mythique qui sillonne les routes d'Afrique. Après une petite halte à la boulangerie dogon pour le petit déjeuner et un passage à la banque, nous voilà partis en direction de Bandiagara, ville qui marque l'entrée dans le pays dogon et qui est la plus importante du plateau de Bandiagara. Quelques vivres seront achetés à Bandiagara avant de repartir sur une petite route escarpée tantôt en latérite, tantôt en pavés. La route traverse des cultures d'oignons et sillonne le relief rouge du plateau de Bandiagara. Ca et là les premiers villages dogons apparaissent avec les huttes en terre et les toits de paille. Ils sont souvent disposés sur les hauteurs et très regroupés sur eux-mêmes.


La route est escarpée et magnifique. Notre 505 roule tranquillement en direction de Dourou : le point de départ de notre ballade. Vers 11h30, nous y arrivons pour y déjeuner. L'endroit est calme et la place du marché annonce une animation imminente. Vers 13h, la place se remplit de couleurs vives et les boubous des femmes s'agitent pour vendre piments, condiments, oignons, viande, etc. Le village est accroché au rocher et surplombe une petite vallée verdoyante où déambulent des chèvres sous les manguiers. Cette vallée est en fait une simple faille dans le plateau rocheux. Nous attendons deux bonnes heures avant de manger et ensuite c'est la sieste.










Il est 17 h. Il est temps de repartir pour rejoindre le village natal de Seidou avant la nuit. Nous marchons dans la brousse et sur les rochers. L'horizon semble se rapprocher pour finalement être à quelques dizaines de mètres de nous. Nous sommes au sommet du plateau, en haut de la fameuse falaise qui surplombe la plaine qui s'étend jusqu'au Burkina Faso. On croirait à un océan tellement la plaine s'étend à perte de vue et se confond avec le ciel. L'endroit est magique et force à la méditation. Nous restons tout simplement scotchés. Le sentier emprunte une faille dans la falaise qui permet de rejoindre la plaine, une centaine de mètres en dessous. Nous passons donc entre d'immenses parois rocheuses où l'on se sent bien petit. Nous passons sous d'énormes rochers qui tiennent en équilibre entre les deux parois. A la sortie de la faille nous apercevons le village de Nombori en contrebas et nous pouvons voir nettement la falaise s'étendre à perte de vue. Nous arrivons finalement chez le cousin de Seidou qui tient un petit campement où les touristes de passage peuvent dormir et manger dans une petite concession. A un demi-kilomètre de la falaise, des dunes de sable sont encore éclairées par les derniers rayons du soleil et nous ne résistons pas à l'idée d'aller en profiter pour finir la journée. De ce point de vue sablonneux, la falaise prend toute sa dimension. Ce site est exeptionnel et on comprend mieux sa reconnaissance touristique. C'est à la hauteur de tout ce que l'on raconte. Il fait sombre et il est temps de retrouver la petite cour où nous passerons la soirée. Les toits feront office de dortoir et le ciel étoilé de toit au-dessus de nos têtes. La nuit est magnifique et elle donne envie de se coucher tôt pour observer les étoiles avant de s'endormir. Le village est tout noir et des cris de fêtes nous arrivent de la falaise. Les rythmes et autres célébrations animistes prennent une toute autre tournure. C'est étrange, on frissonne et on prend conscience que ça existe vraiment. Nous sombrons dans le sommeil.





Aux premiers rayons du jour, nous rejoignons les dunes pour observer le réveil de la falaise avec les pieds nus enfoncés dans le sable et profiter du calme et de la sérénité de cet endroit. De temps en temps nous croisons un charriotte tirée par un âne accompagné de quelques gamins au milieu des dunes.




Nous sommes sous le charme, complètement envahis et pénétrés par la beauté et la puissance de cet endroit. Le petit déjeuner nous attend et nous rejoignons Seidou qui s'est réveillé. Après avoir avalé un petit thé ou café au lait accompagné des beignets locaux, De Gaulle nous emmène visiter son village en expliquant les différentes traditions, les lieux importants et surtout l'histoire de la falaise : avant l'arrivée des dogons, un peuple appelé les télems habitait la région. A cette époque la plaine était recouverte d'une épaisse forêt regorgeant d'animaux sauvages très dangereux. Pour se protéger, les télems ont donc investi la falaise en contruisant des maisons troglodytes sur la paroi abrupte. Certaines se situent à plus de 60 mètres de haut et Seidou nous explique qu'ils les atteignaient à l'aide de cordes et en escaladant. Quand on est au pied de cette falaise, on se demande comment c'est possible mais les trous faisant office de porte d'entrée et fenêtres en sont la preuve. La falaise a littéralement été creusée pour accueillir ce peuple de petits hommes ancêtres des pygmées.
Vers 1400, les dogons sont arrivés sur la falaise et ont peu à peu investi le bas de la falaise et ont commencé à faire des champs en détruisant la forêt qui disparaissait peu à peu sous l'effet du climat. Les télems sont des cueilleurs et des chasseurs et voyant leur territoire disparaître peu à peu, ils ont dû quitter cette terre au profit des dogons, une ethnie de cultivateurs et de bergers. Les maisons des télems sont devenues les sépultures du peuple dogon mais les derniers télems viennent encore célébrer leurs ancêtres une fois par an lors d'un pélerinage.





Il est 11h, le soleil commence à taper et il est temps pour nous de rejoindre le prochain village où nous ferons la pause de midi. Nous reprenons donc nos sacs à dos et arpentons le chemin qui longe la falaise. Nous suivons une rivière asséchée qui semble être une rivière où le sable blanc s'écoule. Sous quelques manguiers, nous nous arrêtons pour déguster quelques mangues qu'un petit gamin nous a proposé. Ce n'est pas la saison, mais il reste encore quelques fruits. Nous sommes assis près d'une petite rivière, protégés du soleil par de grands manguiers et nous dévorons les juteux fruits oranges : le bonheur...
Vers midi nous arrivons au village pour manger. Nous sommes accueillis dans une petite auberge à l'entrée. Le soleil nous assomme un peu et la fatigue nous donne envie de dormir alors que nous avons marché à peine 1h30. La pause est bienvenue pour manger et se reposer un peu. Ca fait du bien de prendre le temps. C'est un vrai plaisir. En fait, nous évitons les heures les plus chaudes de la journée pour marcher donc nous reprenons le chemin pour rejoindre le village de Tiréli où nous passerons la nuit. Les villages se suivent mais ne se ressemblent pas. La couleur des petites maisons changent, le relief de la falaise varie et les maisons télems sont plus ou moins espacées. Tiréli est aussi un véritable havre de paix accroché à la falaise. On se croit vraiment dans l'Afrique des contes, des marabouts et des sacrifices. L'atmosphère est aussi impressionnante que le paysage.




L'endroit où nous logeons est encore très agréable et une seconde nuit sous les étoiles nous enchante. C'est le troisième jour déjà. Ce matin nous repartons à la visite du village où nous logeons. Seidou nous emmène devant la maison du Ogon qui est au pied de la falaise. Les ogons sont les chefs des dogons. Il y a une hiérarchie entre les ogons. Ils sont plus ou moins importants et ont plus ou moins d'influence entre eux dans tout le pays d'ogons. Les villages possèdent tous des constructions que l'on retrouve dans chacun d'eux. En premier il y a le toguna qui est le lieu où se retrouvent les vieux pour résoudre les problèmes du village : c'est un bâtiment sur pilotis avec un toit très épais composé de paille. Le toguna est bas pour empêcher les gens de s'énerver et ainsi ils risqueraient de se cogner la tête en se levant. C'est l'un des endroits les plus importants du village. Il y en a souvent un par quartier. Des totems sont répartis dans les villages et sont les endroits de sacrifices. C'est la plupart du temps une pierre ronde recouverte de crème de mil, un liquide blanchâtre. On trouve souvent ces totems sur des places qui sont les lieux de rituels et de danses des masques dogons. Il faut aussi parler des greniers. Ce sont de petites bâtisses en terre avec un toit de paille où sont entreposées toutes les affaires des hommes et des femmes : nourriture, outils, affaires personnelles... Ce sont un peu les armoires européennes. Un autre bâtiment a son importance : il s'appelle la maison des femmes. Seidou nous explique que c'est l'endroit où viennent les femmes pendant leurs règles car elles sont considérées comme sales par les esprits dans la religion animiste. Les femmes ont la vie dure dans ces pays où la religion les soumet. Il est difficile de trouver ça normal pour nos yeux d'européens mais je ne partirai pas dans ce débat car il y a trop de choses à dire.



Nous reprenons le chemin qui longe la falaise pour rejoindre le village de Amina où nous attend encore une petite auberge pour lézarder pendant les heures chaudes. Amina possède une curiosité intrigante. A l'entrée du village une mare sacrée accueille une bonne dizaine de crocodiles qui nous observent à la surface de l'eau, du coin de l'oeil. Nous assistons d'ailleurs à une scène assez marquante : il faut bien nourrir les crocodiles qui soit disant n'attaquent jamais les gens du village. Un guide d'un couple français décide donc d'acheter un poulet à leur offrir. C'est à moitié un sacrifice et à moitié une curiosité touristique. Le poulet ne tiendra pas longtemps face aux machoires des crocos et sera englouti dans les profondeurs de la mare après que le villageois ait joué avec les nerfs des reptiles. Le soir nous passons la nuit à Iréli. C'est notre dernière nuit à l'ombre de la grande falaise. On ne se lasse pas de tous ces petits villages et de la grande falaise qui nous domine touT le long du voyage. De plus notre guide Seidou est vraiment un type génial et nous ne regrettons pas de l'avoir choisi. Un réel lien d'amitié se tisse entre nous.





Le lendemain matin nous rejoignons Banani pour notre dernier repas en bas de la falaise. Nous profitons de ce dernier point de vue avant de remonter à travers une brèche dans la falaise pour rejoindre Sangha. Des femmes portant des énormes charges de plus de 60 kg sur le crâne descendent en tongs sur le chemin escarpé comme si de rien n'était tandis que d'autres, enceintes, montent la falaise avec un gamin dans le dos et un chargement sur le haut du crâne. Nous sommes sidérés par l'endurance et la force de ces femmes pendant que nous suons à grosses gouttes. Arrivés en haut, nous nous retournons pour profiter une dernière fois de ce site naturel et nous rejoignons la vaillante 505 à Sangha. Après quelques heures de route sur le plateau, nous voici de retour à Mopti sur la terrasse du "Y'a pas de problème". Les filles, Chloé et Nana, nous rejoignent dans la nuit après avoir dit au revoir à Fatou et Rokia qui rentrent en France cette nuit. A bientôt les filles!








Commentaires
1. Le mercredi 26 décembre 2007 à 18:15, par mammouth
2. Le mercredi 26 décembre 2007 à 22:35, par Anne
3. Le mercredi 26 décembre 2007 à 22:39, par Seb qui vous surveille même à distance ...
4. Le samedi 29 décembre 2007 à 14:58, par Annick
Ajouter un commentaire