Carnet de Voyage

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vendredi 28 décembre 2007

Noël avec les Zamis

Comme les maliens nous avaient invités à fêter Tabaski, nous en avons profité pour organiser un goûter de Noël avec tous nos amis maliens : les étudiants, les artisans, les amis rencontrés dans Bamako et aussi Boubacar et sa famille. Tout le monde ne pouvait pas être là car certains étaient rentrés dans leur famille pour les fêtes.




L’énoncé de la fête est le suivant : bonbons, papillotes, crêpes et sapin en carton pour goûter de Noël et de départ entre amis. Nous avions les œufs, la farine, le lait et une petite poêle qui nous a posé bien des problèmes. Le matin du 24, nous avons donc rangé et décoré la maison avec une guirlande, six petits sapins rouges en plastique et deux sapins en papier kraft. La pâte à crêpes est dans le frigo et les gens arrivent à 14h.




Tout le monde arrive et notre petite maison se remplit peu à peu pour accueillir finalement une vingtaine de maliens avec nous au milieu. Les papiers des papillotes crépitent, les pétard éclatent et les gens discutent. C’est très bon enfant pendant qu’Yves s’acharne tant bien que mal à faire des crêpes qui accrochent avec la poêle merdique. Il y passera toute l’après-midi pour réussir à faire une trentaine de crêpes qui seront l’occasion d’une découverte gustative pour nos amis maliens. Il ne pourra pas en faire plus car la bouteille de gaz vient de le lâcher.






Benoit gratouille de la guitare, pendant que Victor prépare des crêpes tantôt à la confiture, tantôt au Nutella et Yves se repose de son exploit tout en discutant. Ca fait plaisir de voir que beaucoup de gens ont répondu à l’appel et on se rend bien compte dans ces moments, du réel échange qui s’est créé entre nous. L’après-midi passe tranquillement et c’est l’heure des aux-revoirs mais pas avant la traditionnelle séance photo. On a fait toutes les combinaisons en matière de photo de groupe. C’est toujours sympa de revoir ces moments quelques années après. La nuit commence à tomber et les gens s’en vont petit à petit. On se promet de se revoir bientôt et de se donner des nouvelles.






Il est 19h. C’est le début du réveillon de Noêl, nous sommes trois (Yves, Ben et Vico) dans la maison vide. Après les traditionnels coups de téléphone à la famille restée au pays, nous fêtons notre Noël avec des cacahuètes et du coca en lorgnant les boîtes de foie gras amenées par la mère de Cyril (malheureusement monsieur étant au pays dogon, nous attendrons son retour). Le lendemain soir, nous finissons les quatre litres de pâtes à crêpes sur le petit fourneau à charbon devant la maison avec Boubacar qui nous raconte sa vie et son village.
Petit souvenir dont on se rappellera longtemps.




La musique adoucit les moeurs…

Pour ceux qui l’ignorent la kora est un instrument à corde traditionnel d’Afrique de l’ouest. Elle est composée d’une calebasse ouverte tendue de peau qui sert de caisse de résonnance et de 8 cordes. C’est un peu l’enfant réussi de la guitare et du djembé. La kora est au griot ce que la guitare est au tzigane.


Dès la présentation des cours proposés par le Conservatoire nous avons tous été attirés par le cours d'instrument traditionnel. Celui-ci n'a malheureusement jamais eu lieu ou plutôt les conditions du cours étaient un peu atypiques, le professeur ayant décrété que pour apprendre à jouer de cet instrument il faut se marier avec. Cela nécessite de faire une demande en mariage à son père (le professeur) avec toutes les démarches appropriées comme l’offrande de 10 kolas : noix au goût âpre, fruits du kolatier (dans le cas des mariages, il est caractéristique de voir que pour annoncer le mariage ou les fiançailles à la future épouse, le futur marié utilise l’expression : « J’ai donné la kola à tes parents »).

Nous nous sommes finalement réconciliés avec la kora le soir de l’anniversaire de Nana où un groupe de musiciens avait été invité. Après quelques discussions avec eux nous avons appris que l'un d'eux, Ablo, en fabriquait. Moussa et Balla voulant en rapporter une en France l'occasion était trop belle




Rendez-vous pris et deux mois plus tard nous nous retrouvons, dans l'atelier/maison d’Ablo, pour finaliser les achats. Balla qui avait apporté avec lui une guitare en profite pour faire un échange de "savoir-jouer". Inutile de vous rappeler que comme Balla Fasseké Kouyaté était un grand griot du roi, notre Balla devait donc prouver sa valeur et faire honneur à son nom ! Les bases de chacun des instruments sont rapidement transmises à chacun.


La guitare a six cordes pour une multitude de notes sur chacune, alors que la kora a huit cordes pour huit notes. La guitare fait face à son public alors que la kora fait face à son musicien. Les autres différences sont plus formelles que fondamentales. Ces quelques heures d’échanges furent très agréables et tout le monde se quitte avec un grand sourire.