Une fois arrivés au Sénégal, il s’agissait de savoir quoi faire et surtout quand, vu le peu de temps dont nous disposions dans le pays.
Heureusement que Nadia et Tchotcho étaient là pour nous guider, elles qui vivaient dans la capitale Dakaroise depuis plus de 3 ans.
Après une bonne nuit dans notre hôtel de passe (il ne s’est rien passé nous vous l’assurons), nous prîmes un taxi direction l’embarcadère de Dakar.
On passe devant les docks du port industriel, puis on arrive enfin sur la zone pour voyageurs. Le bateau que nous devons prendre doit nous emmener à une petite demi-heure de Dakar sur une île appelée Gorée. Un petit paradis que tout le monde nous a amplement incité à aller voir. Seulement nous arrivons un peu en retard pour prendre la chaloupe de 12h, et un peu en avance pour prendre celle de 14h. Il est donc 13h si vous avez bien suivi.
Ce n’est pas grave car ça va nous laisser un peu de temps pour prendre nos marques. Loin de là l’idée d’uriner sur les trottoirs de Dakar, mais plutôt l’envie de marcher un peu dans les grandes artères de la ville.
L’embarcadère est en face d’une grande place, devant laquelle se trouve la gare principale. Le bâtiment est typique de l’ère coloniale et son architecture vaut la peine qu’on s’y intéresse quelques minutes.


On entre à l’intérieur où il n’y a absolument personne et on se dirige vers les quais déserts. On regrette face à nous les beaux trains que nous aurions tant voulu prendre pour venir jusqu’ici. Un gardien nous rappelle à l’ordre et nous interdit de passer nous faisant ainsi un tout autre accueil que ne l’aurait été celui des adorables Maliens.
Nous sortons du bâtiment puis nous repartons donc un peu plus haut, en passant d’abord devant l’ancienne mairie devenue un musée. Les bâtiments que nous rencontrons sont pour beaucoup de belles bâtisses du début du siècle coincées entre des immeubles plus modernes et sans saveur. Parfois l’architecture nous rappelle un peu Bordeaux et ses maisons aux toits peu inclinés, ses porches, son béton…




Enfin nous arrivons sur la place de l’Indépendance.
Elle s’étend sur plus de 200 mètres et est recouverte de grands arbres et à première vue d’aucun monument particulier.
Autour, elle est encerclée par de grands immeubles où se logent des banques bien connues, nous déracinent totalement de ce dont nous avions l’habitude à Bamako.


On voit bien à quel point Dakar est davantage imprégné par le monde et son commerce.
L’ouverture à la mer a, elle aussi, changé le comportement des gens : plus professionnels, plus stressés, et plus indifférents à autrui. Nous sommes pratiquement dans une grande ville occidentale, et nous ressemblons avec nos baluchons à des « indiens dans la ville ».
Cette sensation est assez marrante pour nous.



On apprécie quand même de ne pas être obligés de nous débarrasser de personnes cherchant à nous vendre quelque chose dont nous n’avons absolument pas besoin : parfums, chaussettes, bijoux…
Heureusement Yves a trouvé un ensemble d’astuces pour ne pas être trop embêté : une d’entre elles concerne les petits vendeurs de parfum. Si on nous propose un Chanel N°5, nous disons être intéressés seulement par le dernier « Chanel N°6 » créant un véritable vide dans leur tentative de vente car évidemment ce produit-là, ils ne l’ont pas.
On passe devant plusieurs autres bâtiments administratifs et on redescend vers le port.
Cette petite marche nous a fait du bien et nous montre l’écart de vie qui existe avec Bamako que nous connaissons bien maintenant.
Rien pourtant ne semble nous interpeller et nous donner envie de passer plus de temps dans ses faubourgs aussi tristes que ceux d’une capitale européenne.
Heureusement que la couleur de peau des gens et que le soleil nous rappelle que nous ne sommes pas encore rentrés là-bas.